L'intersyndicale lance un mouvement de grève de toute l'informatique jeudi 1er avril.
Cet appel à la grève concerne essentiellement le projet ULYSSE.

Objectif annoncé

Aucun informaticien en poste (cheminot ou presta) à la SNCF (directions et régions) jeudi 1er avril.

Les raisons de la colère

Le grand public s'interroge sur notre mouvement. Pour eux, il est normal que la SNCF fasse appel à une société externe car l'étiquette "fonctionnaire" ou "fainéant" qui colle (à tort) aux agents SNCF laisse penser que nous ne savons pas gérer notre informatique.

Mais, IBM n'a pas noué un partenariat avec la SNCF pour améliorer quoi que ce soit. Ils sont là uniquement pour faire de l'argent, et récupérer notre savoir-faire (car IBM a des ambitions au niveau ferroviaire international).
Le principe de leur myriade de logiciels  tous interdépendants est faite pour ça : lorsqu'un projet démarre, le client pense qu'il n'a besoin de quelques produits. Diling-Diling, premier passage à la caisse (et quand on connaît les prix des produits IBM, ça fait déjà mal). Quelques mois plus tard, cela ne fonctionne pas, et IBM de rétorquer "Normal, il vous faut aussi prendre ces produits", re-Diling-Diling (toujours aussi mal). Mais pour autant, deux mois plus tard cela ne marche pas, car "il vous faut aussi ceux-là", re-re-Diling-Diling (re-aïe-aïe-aïe). Les retours d'expérience d'autres sociétés telle que CMA-CGM montre à quel point IBM n'est là que pour vendre et non conseiller les projets.
Et les premiers projets qui ont démarré à DSIT peuvent également l'attester. Et cela s'est confirmé lors de la réalisation de prototypes avec eux : il y a eu des non-dits, notamment autour de l'utilisation de certains logiciels.
Finalement, nous ne sommes pas loin de l'affaire de la MAIF : IBM est prêt à tout (même faire des propositions commerciales qu'il sait erronnées) pour rafler le marché et empocher des millions.

Si les cheminots seront en grève le 1er avril, c'est parce qu'ils craignent avant tout pour la sécurité et la pérennité de l'informatique de la SNCF.

Jusqu'ici, voici comment IBM a procédé avec la SNCF :
  • Tirer les prix des Centres de Services vers le (très) bas, pour évincer les concurrents : Moins de 230€/ jour, contre 500€ en moyenne pour des prestations françaises
  • Récupérer toute notre documentation et notre savoir-faire, sous prétexte de pouvoir nous apporter des améliorations dans notre organisation
  • Mettre la pression sur les projets, en imposant des choix logiciels coûteux, et qui ne fonctionnent pas toujours.
Peut-être que notre Direction ne voit pas (ou plutôt ne veut pas voir) cette partie immergée de l'iceberg, mais notre action est là pour justement la dénoncer et éviter le pire pour la SNCF.

Les modalités pratiques

Le préavis est large et couvre l'ensemble du personnel informatique SNCF. Cela correspond donc essentiellement à DSIT, VINSI, ISI et les ASTI (certains sites régionaux nous ont déjà contacté pour nous indiquer que 100% du personnel sera en grève). Mais pas les filiales.

Cette grève durera 24h
du jeudi 6h au vendredi 6h. Bien qu'il soit possible de ne débrayer que 59 minutes ou 3h59 comme les autres fois, tout le personnel informatique est invité à faire une journée complète pour marquer le coup.

On peut s'attendre à des piquets de grève et des barrages filtrants à l'entrée des principaux sites. Aucune manifestation ou regroupement autre n'est prévu. A vous donc de vous organiser au niveau local.

Les prestataires

Les prestataires sont également invités à participer au mouvement, ils seront couverts par des préavis de grève généraux au niveau des départements.
Pour ceux qui ne souhaiteraient pas participer, le plus simple sera de se présenter sur le site, constater que l'accès est bloqué et appeler leurs responsables commerciaux qui leur indiqueront ce qu'il faut faire (rentrer chez eux ou se rendre à l'agence). A moins que les SSII n'imposent un jour RTT employeur à leurs employés pour éviter tout conflit d'intérêt avec la SNCF...
Tout est expliqué dans le tract de SUD.

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