Devant la complexité de la situation, il nous a paru important de rédiger une page qui pose les bases du débat.

La co-entreprise

SNCF et IBM ont créé une co-entreprise fin décembre 2009. L'objectif annoncé est de s'appuyer sur l'expérience d'IBM pour mener à bien le passage aux Centres de Services.
Plus d'infos sur le montage sont disponible sur cette page.

En réalité, ce montage n'est qu'une contrepartie de l'accord sur la logistique signé entre les deux entreprises fin 2008. Derrière, c'est une pression pour acheter du matériel et des logiciels IBM aux coûts faramineux. Certains dossiers à la Direction des Achats ont déjà été transférés à des personnes proches d'IBM.

L'offshore

La mise en place des Centres de Services est un moyen pour réduire les coûts. En massifiant la demande sur plusieurs années, la SNCF espère obtenir d'importantes réductions sur les prix. Des réductions si importantes, que les Centres de Services ne pourront être montés en France (on parle de 230€ / jour et même moins !)

IBM reprendra ainsi 100% des activités d'exploitation (hébergement et maintenance des serveurs) et de tests. L'exploitation se fera à Bengalore par leur filiale GD India.
Cap Gemini n'est pas en reste et a monté un Centre de Services au Maroc.

A terme, toutes les activités sont menacées par les Centres de Services (et donc l'offshore), y compris l'Assistance à Maîtrise d'Ouvrage (IBM pousse déjà dans ce sens).

Les menaces sur l'emploi

Les Directions Informatiques de la SNCF emploient plusieurs centaines d'informaticiens sous-traitants en France, principalement à Paris, Lyon (750), Lille et Nantes. Dans un premier temps ce sont ces postes qui sont menacés par l'offshore.

Il y a également plus de mille agents SNCF dont les postes sont maintenus actuellement, mais pour lesquels la Direction ne souhaite pas s'engager au-delà de trois ans.

Au niveau de la Direction des Achats également, le risque est grand que les postes liés aux achats informatiques disparaissent.

Nous dénonçons

  • La perte totale de la maîtrise de notre SI (et l'enchaînement aux outils IBM qui engendreront de forts coûts à l'avenir)
  • Un montage juridique et financier permettant de déroger à la loi des marchés publics (ce qui assure à IBM l'obtention de nombreux contrats)
  • La destruction de centaines d'emplois en France, alors que la SNCF est une entreprise publique dont l'état, qui est monté au créneau contre l'offshore début 2010, est actionnaire à 100%.

Nous demandons

  • L’abandon de la co-entreprise avec IBM et de tous les projets d’externalisation.
  • La ré-internalisation des missions dans tous les domaines (AMOA, MOE, Intégration, Exploitation, Architecture, Expertise.......) et la garantie de la pérennité de ces missions.
  • Le contrôle du système d’information exercé pleinement par l’EPIC SNCF pour assurer la pérennité de l’entreprise intégrée, de ses missions de service public et le maintien de l’emploi sur le territoire national.
  • La maîtrise d’œuvre SNCF réalisée avec un faible volume de sous-traitance garantissant la confidentialité des données, la connaissance métier et la maîtrise des systèmes.
  • Une véritable politique de l’emploi informatique en interne à la SNCF, appuyée par des embauches au statut et l’organisation d’un examen de TAD informatique sur l’ensemble des régions et directions.
  • Des engagements pour l’avenir de la filière Administrative spécialité informatique dans les DSI et dans les ASTI, et de tous les agents qui travaillent pour le système d’information de la SNCF.
  • Une politique d’achats efficiente pour toutes les prestations (matériels, logiciels, choix des SSII) garantissant notre indépendance des constructeurs et éditeurs.