26 mai - Manif devant le siège SNCF
Par Anonyme le jeudi 27 mai 2010, - Actualités - Lien permanent

Hier, nous étions près de 250 devant le siège pour apporter notre soutien à la délégation syndicale reçue par messieurs Nogué et Azéma. C'est un résultat en demi-teinte alors que les Parisiens jouaient à domicile.
Inversement, les ASTI ont pleinement participé aux festivités et étaient venus en nombre, certains même de Toulouse étaient partis la veille... Bravo messieurs !
Ce qui s'est dit
Bien qu'il n'y ait pas de compte-rendu officiel, voici en gros ce qui s'est dit :- Les OS ont rappelé que la Direction porte l’entière responsabilité du conflit.
- Les OS souhaitent de véritables négociations et ne s’inscriront pas dans l’accompagnement de la mise en place d’ULYSSE.
- A noter également que la Direction a changé radicalement de discours : elle ne dit plus « rien ne change ». L’offshore est avéré.
- Enfin au sujet des métiers des cheminots, là aussi, le changement est avéré. Il faudra de la mobilité entre les DSI, donc de la mobilité géographique !
Peut mieux faire
L'impression générale à l'issue de cette journée marquait une certaine déception. Tout d'abord à l'égard de la Direction qui ne s'est bien sûr pas montré et qui affichait son mépris en ayant pris soin de fermer les grilles.
Mais la déception était aussi visible à l'encontre des syndicats par la
teneur de leur discours "creux" au sortir de la réunion. Entendre un résumé du
combat que nous menons depuis six mois au jour le jour et l'amalgame avec le
combat des retraites du 27 mai sans nous donner plus d'infos sur la teneur de
la réunion n'était pas ce qu'attendaient les cheminots qui avaient bloqué leur
journée pour faire le déplacement.
Messieurs les syndicats, merci d'être un peu plus fin psychologues la prochaine
fois : pour la plupart des informaticiens, ce combat est le premier. Ils ne
sont par conséquent pas rôdés à tout ce cérémonial, qui les laisse plutôt dans
la crainte que l'espoir de victoire.
Dans la presse
Quelques relais par la presse sont déjà visibles :- Midi Libre : SNCF - Les informaticiens appelés à manifester contre un partenariat avec IBM
- L'Humanité : Les cheminots veulent faire boguer le projet Ulysse
Pendant ce temps...
... à la Mulatière, une occupation de la salle de pilotage a été orchestrée
par des cheminots et des prestataires en marge de toute OS.
Nous copions-collons ici le commentaire de IBMestDansLeFruit (en
édulcorant certains passages) qui illustre bien le mauvais esprit de nos
dirigeants (encore une fois) :
Mercredi en appui au mouvement parisien au siège de l’entreprise, les
informaticiens (Prestataires et cheminots) de la Mulatière ont organisé en
toute discrétion l'occupation de la salle de pilotage du site durant 1h.
Surprise, sur prise pour les dirigeants, en particulier le chef de pôle Joël
Noirot qui, une nouvelle fois, à goûté aux joies du camping dans son spacieux
bureau de la Mulatière.
[...]
Sans conteste maladroit, son discours, vous l'imaginez, a été très mal accueilli par Le petit Peuple de La Mulatière.
[...]
Malheureusement (le contraire aurait été étonnant), rien de notable à signaler dans les échanges avec un dirigeant qui a resservi à peine réchauffés, les mêmes lieux communs distillés depuis des mois par une direction en panne d'imagination pour justifier un projet injustifiable qui consiste ni plus ni moins qu'à céder à prix discount une expertise ferroviaire qu'IBM se chargera de revendre au plus offrant à prix d'Or, y compris aux actuels et futurs concurrents de la SNCF.
Alors oui, messieurs les dirigeants jusqu'au sommet, les informaticiens
vous le disent, ce ne sont pas nous, occupant à peine plus d'une heure un site
de production informatique, qui sommes irresponsables, mais bien vous, qui
apparaissez totalement dépassés par vos propres engagements. Vous, qui livrez à
l'ennemi les armes stratégiques d'une future guerre économique qui se profile
dans le ferroviaire (ce n'est pas nous qui l'inventons mais IBM lui-même qui le
claironne dans les médias).
Comment voulez-vous ensuite, que nous vous fassions confiance quand vous
nous abreuvez d'arguments poussiéreux, qui s'effritent au premier contact ?
Comment croire et suivre des chefs qui vous mènent à une défaite certaine
?
[...]
Et maintenant ?
Pour autant, les réjouissances ne sont pas terminées. Le 14 juin à
10h se tiendra une table ronde entre les syndicats et la Direction
pour faire le point sur le projet. Pour les OS, cette table ronde devra
répondre aux revendications légitimes des cheminots tant pour les DSI
que pour les ASTI. Elles espèrent y obtenir des garanties
fortes.
Car après une gestion du dossier pour le moins désastreuse, la
Direction se rend bien compte qu'elle doit maintenant faire face à un problème
de relations majeur avec son personnelle et qu'elle doit regagner sa
confiance.
Et vu la démotivation qui règne dans les bureaux, la route sera longue, et la
pente sera raide...
Commentaires
Sur la forme, je trouve en partie injuste de stigmatiser Joel Noirot. En effet en CDI, Joel Noirot est régulièrement envoyé au front ou livré en pature par son chef de département auquel il est difficile de dire non, J-P Hornung pourrait certainement en témoigner.
Sinon, bravo aux modestes mais géniales personnes ayant organisé cette nouvelle forme de manifestation à La Mulatière, décontenancer et maintenir la pression voila la stratégie.
En effet les dernière déclarations de notre nouveau directeur sont dans leur fome plus saines mais sur le fond encore pires. En effet, il va encore plus loin que ce que nous avions pu lire car maintenant SNCF-B5 est clairement désignée comme une destination pour la suite de nos carrières.
Alors continuons à maintenir la pression !
Un peu vache Anonyme pour "le discours creux des syndicats" ! Effectivement le discours syndical n'a pas changé depuis 6 mois, ce qui est nouveau c'est que la direction confirme (en interne, pour l'extérieur c'est un peu plus compliqué) toutes les craintes syndicales : oui il y aura des délocalisations d'emplois hors de France, oui il y aura des cheminots dans la co-entreprise, oui il s'agit d'un vrai contrat qui engage la SNCF, oui il peut y avoir des centres d'exploitation hors de la SNCF, exactement la même stratégie que Sarko quand il confirme la fin de la retraite à 60 ans, dès 2011. La stratégie de l'assommoir. De quoi justifier d'ailleurs la relation entre le 26 et 27. La conclusion de cela, c'est qu'ils se croient fort de nos faiblesses. Il est encore temps de les détromper.
On ne va pas plaindre Noirot, non plus. Comme cela a déjà été dit, les chefs ont eu un choix : partir ou se taire (pour rester poli). Noirot a donc choisi son camp, et je pense même qu'il a mis plus de zèle dans son discours que Goillot ne lui en demandait.
Il va falloir s'y habituer : les paroles et les actions vont sans doute se radicaliser au fur et à mesure que le désespoir gagnera les gens car la Direction continue de ne pas voir le problème humain derrière tout ça.
@homère : Ne nous fais pas dire ce qu'on n'a pas dit. C'est uniquement le discours prononcé par les OS à la sortie de la réunion qui est jugé creux. Pour le reste, évidemment, nous ne nions pas le travail considérable accompli par nos collègues syndiqués ces derniers mois, et nous les en remercions en espérant que tout cela portera ses fruits. Et puis, nous n'avons fait que retranscrire les impressions recueillies ça et là sur le chemin du retour auprès de collègues qui ne sont pas syndiqués et pour qui ce genre de manifestation est une première...
Je confirme que tous le monde voulaient entendre ce qu'il s'est passé entre la délégation syndicale et la direction. Nous somme venu pour ça... Même si aucun progrès n'a été fait, aucune concession ou abandon de la part de la direction, nous ne pourrions en blâmer les syndicats. Dites-nous se qu'il c'est dit même s'il n'y a finalement pas grand chose à dire. Car nous ne pouvons en tenir rigueur à la délégation syndicale, contrairement évidemment à nos dirigeants bornés et hautains à l'image de Mr Pepy qui n'a pas souhaité les rencontrer...
Attention Cortis a ne pas dérailler. S'en prendre à une personne en particulier est quelque peu déplacé.
D'autant que si tu avais été là, tu aurais su qu'après un début effectivement un peu militaire (mais le danger était réel pour toute l'informatique de la SNCF) un réel échange s'est établi J. Noirot et les agents présents.
Le texte de la Mulatière est issu d'un commentaire laissé sur un billet précédent. C'était hélas notre seule source d'information, et il nous a paru plus simple de le copier-coller; Mais il est vrai que nous n'avons pas pensé à mal contre M. Noirot.
Ce billet a donc été modifié en conséquence.
et maintenant!!!! il faudra attendre 15 jours pour un tour de table où la direction ne lâchera rien, il ne faut pas rêver. Puis encore 15 jours de plus pour organiser de nouvelles actions: c'est l'été. Les amis il confronter la direction il faut envisager un mouvement dur sinon c'est la démobilisation. Les syndicats sont lents. On est très craintifs où sont les cheminots! votre ami bicolor.
bonsoir, pour répondre à "cortisdéraille", j'étais présent du tout début à la toute fin de l'occupation de la salle de pilotage de La Mulatière. Mon propos n'a jamais été de stigmatiser Joël Noirot mais il est tout de même le "bras armé" d'une direction déterminée, d'une part à continuer d'avancer masquée sur le projet Ulysse, d'autre part, à démanteler l'informatique SNCF sous le prétexte de fallacieuses considérations financières. Et concernant, "le réel échange" avec notre chef de pôle, ce n'est qu'une manière d'occuper le terrain. Car, mis à part les menaces de représailles en cas de débordement de mouvement spontanés, aucune information n'a été donnée. Je ne vois donc pas de raison d'avoir une compassion pour M. Noirot, qui par sa position, à lui le choix. Ce qui n'est pas le cas des cheminots, en particulier les agents au statut.
"Stop à la razzia d'IBM": des informaticiens de la SNCF manifestent à Paris
Le 26/05/2010 à 19:38
Quelque 300 informaticiens de la SNCF, selon les syndicats, se sont rassemblés mercredi devant le siège de la SNCF à Paris pour dire "stop à la razzia d'IBM" qui monte une co-entreprise avec la SNCF pour prendre en charge les services informatiques de la compagnie ferroviaire.
"Non à la délocalisation des emplois informatiques de la SNCF" et "Nous ne voulons pas de cheval de Troie, IBM go home!", pouvait-on lire sur leurs banderoles, déployées devant les grilles du siège, rue du commandant Mouchotte (XIVe arrondissement), qui avaient été fermées, a constaté une journaliste de l'AFP.
La SNCF a annoncé mi-janvier qu'elle allait s'allier avec IBM pour créer une filiale (Stelsia), dans laquelle elle aurait 51% des parts et qui sera chargée des services informatiques de l'entreprise ferroviaire publique.
Les syndicats CGT, SUD-Rail, CFDT et Unsa, qui appelaient les salariés de l'informatique de toute la France à ce rassemblement, réclament au patron de la SNCF, Guillaume Pepy, de conserver "la maîtrise de tous ses systèmes d'informatique".
Ces systèmes concernent la distribution des billets, l'affichage en gare et jusqu'à la sécurité des circulations.
"Dans toutes les co-entreprises qu'a faites IBM, il y a eu création de plates-formes off-shore. Mais IBM ne s'arrêtera pas là avec la SNCF, et fera main basse sur les réseaux informatiques ferroviaires de toute l'Europe", estime Hervé Giudici (CGT).
"La SNCF veut, par ce partenariat, faire une économie de 17% des coûts mais ce sera au prix d'une fuite des emplois vers des pays moins-disant socialement", selon Cédric Quemere (Sud-Rail), qui pense qu'"il est encore temps de revenir en arrière".
Une délégation a été reçue par la direction en milieu de journée. "Après des réunions bilatérales la semaine dernière, le dialogue social continue. Une table-ronde aura lieu le 14 juin pour répondre aux interrogations", a déclaré un porte-parole à l'AFP.
La SNCF emploie quelque 2.100 cheminots dans ses services informatiques et quelque 2.000 personnes via une quinzaine de prestataires.
© 2010 AFP