DSIT-E : L'offshore en Roumanie et en Inde confirmé... et planifié !
Par Anonyme le mardi 30 mars 2010, - Actualités - Lien permanent
Si depuis lundi nous n'hésitons pas à déclarer que la Direction ment, c'est parce que nous avons en notre possession des documents qui attestent d'un planning sur l'offshore IBM dans les tous prochains mois.
Ces documents sont bien sûr produits par IBM (qui tire les ficelles de cette réorg, quoiqu'en dise la Direction), et présentent un premier planning vers les Centres de Services, ainsi que l'évolution des effectifs.
Contrairement à ceux qui concernaient DSIT-X, ceux-ci ont été produits en début d'année. Cela ne peut donc pas simplement correspondre à des documents de travail ou des scénarios excluspar la SNCF, puisque le contrat avait déjà été signé.
Evolution des effectifs
Le 1er document dresse l'évolution des effectifs sur treize mois (sans savoir à quand correspond vraiment M1, mais il s'agit vraisemblablement de janvier voire février).Voici les chiffres donnés sur quelques mois significatifs :
- M1 : Roumanie 2, Inde 2
- M5 : Roumanie 79, Inde 141
- M8 : Roumanie 195, Inde 331
- M12 : Roumanie 274, Inde 454
Le planning
Le planning est tout aussi éloquent. Il concerne la transition du domaine Etudes vers les Centres de Services IBM (Application + Testing).Il est découpé en plusieurs vagues, 5 en tout, plus une vague 0 d'initialisation.
Les vagues 0, 1 et 2 correspondraient à DSIT-E, les autres vagues seraient plutôt pour les autres DSI.
- Concrètement, la vague 0 basculerait dans le giron IBM dès le 26 avril et comprendrait 43 ETP.
- La vague 1 concerne 168 ETP. La traduction des documents (ce qui indique encore clairement le recours à l'Inde) aurait débuté fin janvier, et ces centres de Services seraient opérationnels pendant l'été.
- Enfin, la vague 2 touche 114 ETP, et la traduction des documents aurait débuté en février. Ces Centres là seraient opérationnels dès septembre.
Commentaires
eh bien nous voilà fixés sur les motivations de la grève du 1er avril. Tous sur le pont avant que le bateau coule !
Si les élus ne viennent pas nous voir sur les piquets de grève et/ou ne bougent pas notre dernière cartouche aura été une balle à blanc et ... rideau.
Ouch, ya du lourd là.
Quand j'ai vu aujoud'hui le nombre de prestats qui ne sentaient pas concernés, qui expliquent c'est un probleme de cheminots...
Malheureusement, le presta (je suis presta) va être un des premiers a être sacrifié sur l'autel de la rentabilité...
Si ce planning est avéré, c'est la confirmation du scénario le plus pessimiste...
(Nb pour le webmaster : Tor, ça rame un peu quand meme)
Amis prestas, c'est vous qui allez trinquer en premier alors un peu de conscience et réflexion.
Rejoignez nous nombreux jeudi. Si nous perdons la bataille, nous vous regarderons partir de DSIT, sans regret pour ma part, tant pis pour vous (les roumains ou les indiens sont sans doute très sympas aussi). Je rigole, mais pas trop. Les cheminots ne vont pas continuer à se battre pour vous (et perdre leur journée de salaire), nous nous occuperons alors de nos propres postes.
Certains d'entre vous demandent des attestations prouvant qu'ils n'ont pas pu rentrer jeudi. Faut pas pousser ! Il vous faut en plus une preuve écrite qu'on vous a empêché de travailler ! Réfléchissez bien, il vous reste 2 jours.
On ne vous demande pas l'impossible mais un minimum de considération pour notre action qui devrait aussi être la vôtre. Et jeudi, si vous ne pouvez pas faire plus, nous attendons au moins des encouragements appuyés.
Je n'ai pas d'autres mots : Nous sommes sacrifiés! Et comme dit un collègue... Rideau! Je crains...
Petite réflexion de nuit, de tristesse, de colère, d'insomnie
Il va rester quoi en France?
Les ouvriers... en Chine
Les maîtrises... En Roumanie
Les cadres, ingénieurs... En inde
Les Services... Au Maroc.
...
Les chômeurs... EN FRANCE !!!
Et nous? Les autres?
En France il reste les patrons et le bouclier fiscal. Et les aides en tout genre pour les chômeurs. N'oublions pas les prochaines élection.
a lire dans la presse ce matin...
http://www.leprogres.fr/fr/region/l...
Lettre d'un informaticien français, cheminot.
Les glorieux généraux de nos armées mourraient avec leurs soldats, les accompagnaient dans un même combat pour la victoire.
Les capitaines de vaisseaux restaient sur le pont, le dernier, pour voir sauver à tout prix ses hommes, avant de les saluer et couler.
Bravoure, honneur, grandeur, courage, que d'atouts chez ses hommes. Mais je peux citer également les directeurs d'écoles qui se battent pour que leurs élèves aient leur diplôme, les patrons de PME et PMI qui ne se paient pas (ou en dernier) pour sauver la boîte et ses employés, les parents qui crèveraient de faim pour que leurs enfants mangent, etc...
Mais aujourd'hui, nos dirigeants ne valent guère plus que de simples lâches, collaborateurs, profiteurs, etc... Ce n'est pas le poste, ni le status que j'attaque mais directement l'homme !!!!
Monsieur Baudy, et comparses (Pépy, Albertus, Grasset, et j'en passe), quand vous vous levez le matin, vous pouvez encore vous regarder dans la glace? Vous êtes fier de vous? Vous vous sentez en paix avec vous même? Vous vous sentez Homme? Où est votre honneur, où est votre courage, où est votre dignité?
Ce que vous faites, est dégueulasse, à vomir !! Vous ne valez pas mieux que ces hommes au comportement douteux dans le privé, patrons voyous et libéraux qui jonglent de poste en poste, laissant sur le carreau des entreprises, des travailleurs!!! Chez nous, ce sont des directions et services entiers de centaines de personnes de tout grade, que vous abandonnez comme un chien au bord de la route.
Vous allez laisser (et déjà depuis des années) celles et ceux qui vous ont permis d'avoir vos postes, celles et ceux qui ne sont pas moins respectables de leurs travaux, de leurs études, de leurs heures de veille technologique en dehors du travail, celles et ceux en perpétuel auto-formation car la formation interne n'existe guère...
Où sont vos valeurs?
Vous sacrifiez sans aucune reconnaissance, ni courage pour défendre nos emplois, des gens qui ont généralement une qualité honorable à avoir étudié des années, à avoir suivi les technologies, à s'être battus souvent par passion pour être aujourd'hui encore de bons éléments malgré les nombreux bâtons que vous nous mettez dans nos roues.
Nous sommes plus que méritant, plus même peut être qu'un prestataire, car à priori, ce même prestataire en SSII ne se verrait sûrement pas refuser de la reconnaissance humaine (au moins) sur la veille technologique et ses efforts à être opérationnel. C'est là la substance même de ce que vendent les SSII : De la compétence.
Nous savons, tout aussi bien que les techniciens et ingénieurs de tout pays, parler et travailler sur les sujets de programmation, de systèmes, de maths, de sciences, de bases de données, d'ERP, de réseaux, de sécurité, etc...
Toutes mes valeurs professionnelles volent en éclats !!!
Elles n'étaient déjà plus trop mis en avant, ni même exploitées, mais j'avais au moins plaisir de retrouver des équipes d"ingénieurs prestataires pour "faire faire" et innover, chercher avec eux, gérer les équipes pouvait être interprêté comme une certaine évolution du métier, et d'une carrière (que veut dire ce mot maintenant?).
Mais maintenant... ?
Que fais-je de mon BAC+5, que fais-je de mon Java, de mon C++, C#, de mon Cobol, mon python, de mon linux, de mon QT, de mon DotNet, de mes scripts, de mon powershell, de mon XML, de mon HTML, de mon Flash, de mes structures de données, de mes méthodes (Merise, UML entre autre), de mes compétences en assembleur, de mes compétences en théorie des graphes, de mon savoir accumulé dans et en dehors de la SNCF en 20 années à son service, et je passe sous silence d'autres compétences liées (électronique, automatisme, électricité, physique, maths, abstraction et analyse).
Mince (pour ne pas dire un autre mot), on se débarasse comme ca de gens de qualités, sans même se poser de questions sur les retombées.
Directeurs, RH, Cofo, gestionnaires de carrières, politiques, dirigeants et autres, ne venez pas me parler d'objectifs, ne venez pas me parler de bilan de compétences, ne venez pas me parler de ma carrière et de mon avenir, ne venez pas me parler d'EIA, d'épanouissement et buts, ne venez pas me parler de l'entreprise, ni même d'informatique... Vous n'y connaissez rien, et sous vos pseudos dossiers (du vent) qui nourrissent votre quotidien pour justifier vos postes, vous ne faites que faire mousser vos incompétences en la matière (et entre vous, autour de colloques et cocktails accompagnés de powerpoint en déco). Et ensemble, dans votre pannier de crabes, vous n'allez surement pas vous unir à nous tous. Bien au contraire, vous allez rester bien au chaud pendant que les autres vont CREVER !!!!
En nous, il y a une forte valeur ajoutée, et de la production. Un programme ne s'écrit pas tout seul, une base de données ne se monte pas toute seule, un serveur ne s'installe pas tout seul. Mais vous... après l'affront et la débacle que vous nous concoctez en silence, à quoi servez vous donc dans l'entreprise? Sauf à détruire et aller dans le sens du vent, à quoi rime votre existence?
Non seulement dégouté, je n'éprouve plus aucun respect pour vous, ni pour le système que vous êtes sensés représenter et défendre avec valeurs de cadres dirigeants, d'homme, de meneur d'homme.
C'est pitoyable, à la limite aussi grotesque et peu risible, que les incompétents en d'autres matières qui, jadis, ont détruit le monde par leur folie...
Il me reste quoi comme options, à 45 ans, pour mes 20 prochaines années? Car je ne me trompe pas, il me faudra aller jusqu'à 65 ans!
- M'en fiche?
- Me suicider? (je ne vous laisserais pas ce plaisir)
- Me résigner?
- Et quelle image je développe auprès de ma femme et mes enfants?
Elle, dans le privé, elle n'en revient pas en tout cas. Choquée, peut être plus que moi encore.
Vous savez, en occident, dans le monde, à jouer à ce jeu malsain, un jour (demain ou dans 40 ans), on saura règler les comptes.
Quand les peuples n'auront plus à manger, plus matière à justifier chaque réveil matinal, chaque journée passée, on se souviendra des "grands hommes" de ce monde qui ont sacrifiés leurs équipes pour mieux remplir leur porte-monnaie. L'équité dans tout ça, il n'y en a pas.
Que Dieu me pardonne de mes mots, si mon honneur et le respect qu'il se doit à être un bosseur, sont baffoués, foulés comme de simples brindilles d'herbes sur lesquelles on s'est donné à coeur joie de piétinner dans un mépris total, je ne verrais aucun remord à devenir autre chose qu'une personne civilisé. La civilisation... à ce rythme et grâce à ces tractations de décideurs plus responsables des actions en bourse que de la structure dont ils dépendent, explose, implose, va très mal et finira mal.
A Lyon, j'espère continuer à pouvoir profiter d'une nature riche, des sommets enneigés non loin de la 2eme capitale de France, et de ses sommets, je regarderais de très loin toute cette destruction orchestrée.
J'y emmenerai ma petite famille en montrant l'exemple à ne pas suivre. Au moins j'aurai mon honneur de père sauvegardé et j'aurai trouvé une utilité valeureuse à vos actes : L'éducation de mes enfants.
Une petite réflexion aussi cette nuit ...
Je pensais à un mini-sabotage pour demain qui tient plus du poisson d'avril mais qui mettrait un joyeux bordel dans l'entreprise !
On redirige tous nos téléphones professionnel vers des numéros aléatoires ou mieux vers les tels (portables si possible) de nos chers directeurs respectifs et de leurs fidèles lieutenants !
Allez on passe dans les bureaux vides demain matin et un petit coup de 864 (je crois) et on saisit son numéro de tel favori :-)
Poisson d'avrilllllllllllll Michel !!
Poisson d'avrilllllllllllll Didier !!
Poisson d'avrilllllllllllll Gilles !!
Poisson d'avrilllllllllllll Barbara !!
Poisson d'avrilllllllllllll Remy !!
Poisson d'avrilllllllllllll Michel !!
Poisson d'avrilllllllllllll Guillaume !!
Poisson d'avrilllllllllllll Les lieutenants !!
Blackhat (post 9), j'ai été très ému à la lecture de ton histoire, car j'ai réalisé que tu parlais de moi aussi.
C'est mon histoire que tu as racontée mais ce ne sera pas notre destin, pas tant qu'on aura assez de hargne pour s'y opposer.
Blackhat, moi aussi j'ai été très ému à la lecture de ton histoire, c’est mon histoire aussi.
Par contre, il n’est pas question que je leur fasse cadeau de mes compétences acquises pendant toutes ces années.
Cheminots, prestataires, je vous invite à lire cet article : http://www.specis.org/Positions/Tra...!
Extrait :
« Nos compétences nous sont propres ! Elles sont le fruit de nombreuses années de travail et font partie intégrante de notre cerveau ! En ces temps de loi Hadopi, on peut même dire que nos compétences sont notre propriété intellectuelle. Il n’est pas question de les dupliquer, de les pirater, de nous en dépouiller ! Si nos chers dirigeants ou nos clients veulent exporter nos métiers, qu’ils ne comptent pas sur nous pour coopérer dans ce pillage. S’ils veulent faire faire leurs développements, leurs tests, leurs maintenances ailleurs, ils ont la documentation, qu’ils s’en servent ! Les sociétés détiennent les dossiers et les produits aboutis de nos tâches mais surtout pas nos connaissances personnelles et encore moins nos cerveaux ! S’ils veulent des gens compétents, c’est nous, c’est ici, ce n’est pas en offshore. Nos compétences nous appartiennent, bas les pattes !
Mais dans la pratique, que faire ? L’idée est d’inventer la grève du transfert de compétences ! Après tout, transférer notre compétence ne peut se faire contre notre gré. Messieurs nos futurs remplaçants, vous voulez comprendre tous les tenants et aboutissants de toutes nos années d’amélioration de notre savoir faire ? Soit ! La doc est dans l’armoire, voire chez un archiveur professionnel, débrouillez-vous, prenez votre temps. Certes, le développeur « à bas cout » que sa société envoie en France pour « acquérir la compétence » n’y est pour rien, ça va tomber sur lui mais tant pis ! A partir de maintenant c’est lui ou nous. »
Il y en a qui juge nos compétences plus que limitées, voir le blog ci-joint,
http://www.blogencommun.fr/2010-03-... !
On y trouve un ramassis de lieu commun dont certains sont écrits par des prestataires qui ont travaillé chez nous, je n'irai pas pleurer sur le charter qui les conduira en Inde.
Je reconnais dans les propos de Blackhat (post 9), plein de bon sens, de valeurs humaines et morales. Je pense nos dirigeants qui ce week end passeront leur Week end en famille, avec l'impression du devoir accompli parce qu'ils n'ont pas osé dire à leur chef que ce projet était une belle connerie. C'est le courage managériale à tous les étages. Peut-être que dans quelques années leurs enfants autont à subir le chomage etou la précarité car leur emploi seront délocalisés en Inde ou au Maroc. J'espère qu'alors qu'ils se rappelleront qu'ils ont eux aussi participé à cette gabégie humaine et qu'ils en sont un des maillons. A ce moment, ils auront des regrets mais ce sera trop tard.
Merci à vous pour vos commentaires...
Vous savez, je n'ose même pas trop en dire, de peur que certains détails pourraient conduire jusqu'à ma véritable identité. Sachez que j'ai été éduqué avec des valeurs de travail, d'investissement personnel pour "réussir", tout au moins réussir son métier. Et JE NE COMPTE PAS MES MOIS, MES ANNEES à me perfectionner dans le grand monde de l'informatique.
On ne connaît pas tout dans notre métier, il faudrait 12 vies, mais depuis l'âge de 16 ans, je baigne dedans, et entre programmation objet, assembleur, outils et autres techniques... (je n'en dis pas plus), j'y ai passé du temps et j'en passe encore.
Mais à quoi bon?
Cette entreprise SNCF a non seulement bousillé mon métier mais aussi le personnage !!!! Je n'éxagère pas !!!! La seule chance est ma force, mes enfants, ma femme. On parle de France Télécom, de Renault, mais même au delà de notre métier et le projet Ulysse... les conséquences sociales vont être catastrophiques.
Et vous savez, un jour pas fait comme un autre, et je ne pense pas être le seul, ca risque de partir en "live" devant certains dirigeants. Et le pire, c'est que le perdant serait encore et toujours BlackHat.
Conclusion de tout ça, investissez-vous, bossez comme un malade, devenez compétent, etc... et la SNCF vous remercie en vous poussant à bout, puis dehors, ou dans un placard.
Alors après... qu'on ne me mette pas devant un RH dans un bureau, si je me suis mal levé ce jour, je pars au 1/4 de tour tellement cette entreprise nous pousse à la faute grave dans de telles circonstances !!!!!!!
Et pour finir chers collègues, la seule solution que j'ai trouvé depuis peu pour me sortir de la spirale infernale que la SNCF inflige à ses agents, c'est DE ME FICHE DE TOUT MALHEUREUSEMENT. Je ne suis pas fier de cette solution mais sachez que c'est la plus fiable pour ne pas sombrer.
Votre santé d'abord et avant tout les gars !!!
Car... Si vous sombrez, je ne suis pas certain que la SNCF vous soutiendra. A mon humble avis, elle appuiera sur la tête pour vous voir faire des bulles et couler. (Cf médecine du travail qui joue dans le sens de la grande direction pour ne pas reconnaitre les états limites de stress et dépression, agents en perdition, et dirigeants qui jouent sur les congés et repos sans voir le problème de fond).
Seulement voilà, le jour où il y aura suicide, ou accident de violence, enquète il y aura, et là il ne faudra peut être pas trop être de ceux qui ont tout cassé, tout brisé, y compris les agents. La responsabilité individuelle quand on tient des postes de cadres est d'alerter des impacts sociaux économiques et de prendre les meilleures mesures...
Allez, à demain sur les lieux de grèves.
Par contre, changer de société c'est trop compliqué, c'est ça ?
On voit bien là l'esprit fonctionnaire, on garde son petit travail, on se fiche du reste et des autres...
Après la délocalisation, peut-etre le site marcherait mieux.....
Nous y voilà, le site va être pris d'assaut par les "usagers" avec leurs éternels arguments (...), sans respect pour le combat, pour l'expression.
Pour répondre à Maxx (la menace...), il faudra nous expliquer le rapport entre défendre son emploi, défendre son poste, et se fiche du reste et des autres... Monsieur, quand on rentre dans une société telle que la SNCF, l'EDF, AIR FRANCE, ALSTOM, EADS, etc., ce n'est pas comme dans une structure à profits immédiats, où le "turn over" est la règle des comportements et où l'individualisme est le maitre mot.
On rentre dans ces structures, grandes sociétés françaises (publiques ou privées) pour y dérouler un parcours (ne parlons pas forcément de carrière) avec les opportunités d'évolutions. Il y a dans ces entreprises ce que vous n'avez plus depuis longtemps dans les votres (privées) et principalement les SSII (car je vous imagine prestataire et usager), le sentiment d'appartenir à une société, à une famille, et de tenir à vouloir y évoluer avec attachement pour son emploi, sa structure, son métier, ses collègues.
Il n'est pas plus anormal de voir les cheminots se battre et tenir à l'entreprise comme peuvent l'être les travailleurs de chez Philips, Thalès, Peugeot, Michelin, etc.
Il y a deux approches :
- Soit être dans un fonctionnent basé sur le contrat et mission (vision à court terme)
- Soit être embauché avec une démarche de parcours professionnel
Et ces deux démarches sont les deux grandes façons de travailler en France. Monsieur "maxx", vous ne pouvez pas mettre en opposition ces deux formes de travail, et argumenter contre le pot de terre avec le pot de fer, et inversement selon la vision que vous vous faites de l'entreprise.
J'ajoute que les sociétés comme la SNCF ont nécéssité d'avoir un effectif constant sur le long terme (30 ans en moyenne) pour la maîtrise des métiers internes et de son fonctionnement. Croyez bien que la connaissance d'une entreprise prime par dessus tout. La SNCF se doit d'avoir une base, une structure fixe et continue, construite d'agents sur lesquels nous pouvons compter pour que cette structure à échelle nationale puisse fonctionner, et rester cohérente. Il est impensable et utopique que ces entreprises puissent fonctionner normalement, avec un taux de turn over équivalent aux SSII. Nous aurions là une débacle complète des infrastructures françaises. La méthode n'est ni envisageable, ni adaptable à l'échelle de la SNCF.
Ce que vous défendez, le changement de société, n'est pas la solution ni pour la SNCF, ni pour l'employé.
De plus, il n'est pas incompatible d'être un travailleur, de se battre pour son emploi et d'espérer continuer son parcours dans des fonctions mouvantes, évoluantes mois après mois, et ce malgré les déceptions... sans être désinvolte. Et si désinvolture il y a, elle peut être compréhensible (je fais référence au discours de BlackHat), tout au moins justifiée. Charge à nos services RH de redonner du coeur à l'ouvrage à nos agents, des maîtrises jusqu'aux cadres supérieurs. La chose n'en reste pas moins difficile dans un contexte économique déprimé.
Soyons réalistes, monsieur Maxx, nous nous battons pour défendre notre emploi, conscient également que notre métier n'est pas mieux reconnu dans le secteur privé, et pire... il tend à disparaître au profit de pays aux coûts de main d'oeuvre moindre. Il serait suicidaire de la part de nos agents ayant à coeur leurs formations et emplois, de partir pour se retrouver déshabillé. Le débat est donc faussé et dérive.
Nous parlons là de personnes qui se défendent, qui défendent leur outil de travail, et à travers le métier de l'informatique combiné à l'outil SNCF, défendent finalement leurs parcours professionnels.
Et si nous sommes honnêtes, base fondamentale de tout dialogue, vous admettrez que le dégoût peut être démobilisateur, déstructurant (toujours en référence au discours de blackhat, mais entendu ici et là dans nos services, il n'est pas le seul à être déçu). Il apparait sain qu'une partie importante de nos informaticiens fassent dans un concensus unilatéral, cohésion face à ce qui pourrait leur retirer tout espoir d'avenir et d'épanouissement.
Pour appuyer le fond du témoignage de blackhat, sentiment partagé par de nombreuses personnes au sein des DSI mais peu souvent évoqué (rassurant ou pas?); c'est là l'expression de l'engagement des cheminots, à tel point qu'ils puissent être marqués, désabusés. Je ne suis pas certain que "blackhat" s'en fiche autant. Nous sommes bien d'accord qu'un agent se fichant éperduement de l'entreprise et de son métier, ne viendrait pas témoigner, ne passerait de temps à écrire, et ne serait aucunement affecté par la situation actuelle. Preuve d'une autre image de nos agents, celles et ceux qui se battent, ayant travaillé dur, et sont loin de l'image négative que vous leur portez.
La déception est proportionnelle à l'investissement individuel. Et nombre de mes collègues se sont investis durant des années, pour voir aujourd'hui leurs craintes s'amplifier.
Je crois en l'entreprise ferroviaire du 21eme siècle, avec des gens compétents et internes, qui garderons l'énergie nécessaire pour mener à bien les futurs projets. En revanche, je crois beaucoup moins aux effets bénéfiques, autres que celui des coûts toujours moindre, de cette association SNCF / IBM.
Nous en revenons à cette logique purement financière, sans que les sujets métiers et agents soient mis au coeur du débat.
@CADRE:
"... il faudra nous expliquer le rapport entre défendre son emploi, défendre son poste, et se fiche du reste et des autres..."
Je réagissais uniquement aux propos de BLACKHAT qui disait qu'il avait choisi "DE [S]E FICHE DE TOUT". Sans chercher à aller voir ailleurs.
Quand vous dites qu'il n'y a "plus depuis longtemps [...] principalement [dans] les SSII [...] le sentiment d'appartenir à une société, à une famille", je dirais que c'est faux.
J'ai travaillé pendant 5 ans dans une grande SSII française, qui avait une bonne culture d'entreprise, à laquelle adhéraient fortement les salariés. J'envisageais d'ailleurs de faire carrière au sein de cette société. Malheureusement, et c'est la vie des entreprises, cette société a été rachetée courant 2006 par une concurrente anglaise. Au fil des mois, la culture d'entreprise française d'origine s'est effilochée, pour laisser place à une culture anglo-saxonne de la performance. Je ne m'y retrouvais plus, j'ai donc finalement décidé de démissionner pour me retrouver dans une structure beaucoup petite, plus attentive à ses salariés, dans laquelle j'ai retrouvé l'esprit que j'avais connu à mes débuts.
Mais pour ça, il a fallu que je me bouge, et pas que j'essaie de me battre contre des moulins à vent.
@Monsieur MAXX la menace ou les rats quittent le navire !
Dans votre logique, dès qu'un bateau fuit, je le quitte mais je vais pas essayer de le sauver ! Vous croyez que vous allez en retrouver encore longtemps des bateaux si vous essayez d'en sauver aucun ?
Est ce que vous avez regarder le marché de l'emploi ces derniers temps et les salaires moyens des informaticiens?
Vous trouvez que tout va bien dans ce marché?
Déjà beaucoup de mes collégues cherchent du taf ailleurs car insatisfait de leurs SSII mais ils ne trouvent rien de mieux.
Ce n'est pas en délocalisant l'emploi de 730 informaticiens en Inde et en Roumanie que l'emploi des informaticiens en France va s'arranger donc la possibilité de choisir son entreprise.
Le 1er avril , c'est exactement pour que vous puissiez continuer votre jongle d'entreprises que nous nous sommes mis en grève (mais aussi pour sauver nos métiers à plus long terme :-)
Monsieur MAXX, pour cette action vous pourriez nous remercier, nous soutenir, rien dire, non vous préférez nous cracher dessus et nous faire la leçon de vie.
Quelle belle leçon d'humanisme!
Heureusement, tous nos amis des SSII ne sont pas comme vous, je regretterai amèrement le manque sur mon salaire de ma journée de grève !
Remarque, suis je bête, vous aurez toujours la possibilité de jongler entre l'Inde et la Roumanie même si on perd notre combat ...
C'est bon Maxx, vous pouvez continuer à nous chier dessus !
Réponse à Maxx la menace :
Ici blackhat, quand je dis "rien à fiche..." vous ne saisissez pas le sens profond de ma phrase !!! J'exprimais là un relatif recul en rapport à l'investissement humain sur mon métier et l'entreprise qui est censée utiliser nos compétences, et les défendre... Bref.
Croyez bien cher monsieur, que je me sens aussi concerné et responsable dès lors qu'une application "plante", qu'un serveur est en panne, et que je continue à travailler au quotidien pour que mon travail et celui de mes collègues (y compris prestataires) soit le plus efficace possible (avec les moyens qu'on me donne... peu!!!). Ma conscience n'arrive pas à accepter le "je m'en foutisme". Désolé de vous contredire.
Par contre, il y a des mots que vous oubliez : parcours, avenir, veille technologique, vision, progrès et progression. Voilà ce que nous perdons tous, non pas le savoir faire propre à chacun, non pas l'intégrité intellectuelle et professionnelle, mais tout ce qui motive un travailleur chaque matin : Pourquoi je travaille, pour quelle raison, pour quel avenir? Etc...
Comme dit mon collègue, à ce rythme, d'abandonner les navires les uns après les autres, par un esprit mercenaire, vous ne verrez d'ici peu que des SSII "titanic". Quand les SSII emploieront 60%, puis 90% d'indiens, quand les sociétés publiques (génératrices de contrats pour ces mêmes SSII) exclueront tout travailleur français, il ne restera que vos yeux pour pleurer et les miens pour vous regarder pleurer. Mes larmes, elles, auront sèché depuis longtemps.
S'il vous plait, prenez connaissance sur la mouvance profonde en Europe sur les principes d'offshore... outre les délocalisations, et les pertes d'emplois massives de travailleurs hautement qualifiés (dont vous faite partie), il s'agit à une autre échelle de gagner de l'argent à l'étranger, bénéfices étant ainsi non taxés par l'imposition française, et mettre en déficit (ou à minima de bénéfices) la SSII consoeur française pour éviter l'impôt français. Les retombées économiques pour les grosses sociétés telle que IBM sont énormes. Pour autant, les travailleurs français n'en voient ni la couleur, ni le son trébuchant sur leurs salaires. !!!
Bon courage Monsieur Maxx (la menace...) pour les 5 prochaines années.
Je vous offre un billet non pas pour l'Inde, mais la Chine, car il paraîtrait que cette dernière, prenne le train en marche, et commence à concurrencer l'Inde sur l'offshore en informatique. Même les indiens vont souffrir de l'offshore... Ca ne s'arrêtera donc jamais?
Et ca continue, encore et encore...
Bravo pour votre belle mentalité solidaire, monsieur Maxx (la menace...) !!!!!!!
Je vous achète un masque de plongée pour aller chercher votre emploi au fond des mers, scrutant les divers titanics d'antan, où souhaitez-vous une bouée de sauvetage pour rester en surface et continuer de voir les bateaux français naviguer? ;-)) Mais à salaire beaucoup moindre évidemment. Donc votre maison, votre appartement... vous pouvez dire Adieu à tout ça.
Ainsi vogue la galère (je reste dans le ton, et non le thon). ;-)))
Il y a seulement 10 ans, on s'insurgeait (y compris les états membres) contre les paradis fiscaux, les sociétés offshores.
Aujourd'hui, on trouve ca normal, pire encore, l'état ne réagit pas, il cautionne. Quel progrès ! Et quelle inquiétude sur le devenir.
Fuites de capitaux, pillage à grande échelle, sans que personne ne réagisse, pire encore, des travailleurs aveuglés, où résignés, où les deux.
Je suis suis informaticien, travailleur independant, et assez peu informe des problemes internes a la DSI de la SNCF. Je ne peux me mettre ni a la place des cheminots, ni a celle de leur prestataires car je ne suis de passage que tres brievement a la DSIT. Mais mon point de vue en interessera peut-etre quelques uns.
J'ai ete present dans plusieurs grands groupes durant des reorganisations ou des fusions. Ce sont des moments tres difficiles a vivre pour les employes et prestataires. Les enjeux economiques et de pouvoir peuvent se transformer en machine a broyer les individus, y compris les plus solides et les plus experimentes qui pouvaient se croire a l'abris des mauvais coups. Et les cadres intermediaires ou lieutenants ne seront pas les moins exposes. Ce n'est donc pas la peine d'en rajouter en s'envoyant des insultes entres categories d'intervenants. Les critiques valent pour tous les secteurs, toutes les grosses entreprises et pour beaucoup d'informaticiens quel que soit leur statut ou leur diplome. Les gens vont plutot avoir besoin de solidarite et de respect, car ils risquent d'etre touches sur le plan personnel, dans leur estime d'eux meme et dans leur confiance en l'avenir avec un impact direct et durable sur leur vie privee et leurs proches. Si on veut prendre le temps d'analyser et de faire des bilans, une facon utile de le faire est d'en profiter pour s'evaluer et se remettre en question personnellement. Ce sera au moins l'occasion d'en apprendre un peu plus sur soi-meme.
Sur l'externalisation et l'offshore, ca ne parait pas completement incoherent d'externaliser des fonctions qui n'appartiennent pas au coeur de metier de l'entreprise. Mais je suis sceptique. Ca va probablement permettre a court terme de satisfaire quelques convictions ou ambitions personnelles, mais le cout initial sera tellement eleve et la mise en place si longue que je ne crois pas que la SNCF en beneficiera directement. L'experience montre que les economies s'estompent plus rapidement que prevu, et qu'on a finalement tres peu de temps pour rentabiliser une operation d'offshoring. Les coups et les salaires augmentent beaucoup plus rapidement en inde, en chine ou en europe orientale qu'en France, et les equipes offshores demenagent tous les 4 ou 5 ans pour essayer de retrouver de la marge. Tout ca dans une belle schizophrenie qui apporte finalement bien peu de chose aux uns et aux autres. Et puis, lorsqu'on est pas capable d'industrialiser ses processus en interne, avec des equipes integrees dans le meme fuseau horaire et parlant la meme langue, je ne vois pas bien ce qui ferait, comme par magie, que tout cela devienne parfaitement fluide et huile avec plusieurs fuseaux horaires, langues et differences culturelles supplementaires.
Cette externalisation, ca ressemble plus a un aveu d'echec ou a une renonciation. "On ne maitrise pas nos coups informatique, donc on prefere refiler le risque (la patate chaude) a une boite externe".
C'est peut-etre cette renonciation qui est la cle du probleme. Avant cette utlime renonciation, on a deja probablement du renoncer a mettre en place une organisation efficace, car on a du renoncer a certains changements, a recruter des competences, a investir dans les equipes et dans les infrastuctures, a prendre des risques, ... Rien ne garantie que les memes renonciations ne se reproduiront pas dans la nouvelle organisation.
C'est, a mon avis, ce qui passe lorsqu'on ne veut pas prendre de risque. Le risque est percu comme un element negatif en france. On pourrait voir ca plutot comme une occasion de se planter ou de sortir du lot. Or, se planter ou sortir du lot, c'est toujours douloureux en France. Un echec, et on est definitivement classe parmis les incapables. Une reussite qui sort de l'ordinaire, et on fait parti des nantis et des profiteurs. Donc on prefere faire profil bas, ne pas sortir la tete de la melee et suivre le cours des choses en esperant qu'il n'y aura pas trop de vagues.
Que des salaries qui ont des enfants, une maison a credit, et des responsabilites familiales en tout genre ne souhaitent pas prendre de risque, c'est parfaitement comprehensible et respectable. Que des entreprises qui se pretendent porteuses de projet industriels et d'ambitions internationales refusent d'en prendre, c'est deja plus difficile a comprendre. Ca vaut pour la SNCF comme pour les SSII. Ces dernieres sont les premieres a pleurer les consequences de l'outsourcing, mais combien d'entre elles cherchent a reinventer leur metier ? Probablement 1 ou 2 parmis plusieurs dizaines ou centaines. On espere que le cash va continuer a tomber, sans faire de R&D, sans investir dans les hommes, dans la formation, et on fait le dos rond.
Les clients de la SNCF n'y gagneront pas necessairement plus. Comme pour toutes les restructurations ou delocalisations, on cherche d'abord a satisfaire les actionnaires. Je n'ai toujours pas compris a quoi a pu servir par exemple la privatisation des autoroutes et en quoi ca m'offrait plus de choix et de meilleures prestations.
Une petite lueur d'espoir viendra peut-etre des pays nordiques qui arrivent un peu mieux que nous a gerer tout cela : respect des hommes, gestion des risques, innovation, productivite, projet de societe, infrastructures, services publiques, ...
A court terme, je pense donc que les salaries de la dsit on raison de se battre pour leur entreprise et pour leurs droits, mais qu'ils doivent sortir des cliches dans lesquels tout le monde les enferme. Il leur faut éviter de donner l'impression qu'ils sont les initiateurs du blocage et de la confrontation. Ils doivent trouver des modes d'action innovants. Ce type de forum sur internet est d'ailleurs un exemple intéressant d'alternative. Leur lutte concerne tout le monde et ils devraient y associer les collectivites territoriales, les syndicats des ssii (et pas leurs employes qui n'ont pas tellement de marge de manœuvre), les clients de la sncf et M. et Mme tout le monde. Ils prennent pour l'instant très peu de place dans les médias, et sur les forums internet on parle plus de voyages-sncf que des enjeux de société que symbolise leur lutte. Leur entreprise est emblematique et cette lutte pourrait servir aux autres salaries pour se faire entendre en particulier sur les sujets suivants : les delocalisations d'une part et le transfert de risque qu'on observe depuis plusieurs annees des actionnaires vers les salaries.
Je pense qu'il y a partout en France des situations plus difficiles que celle vécues aujourd'hui par les salaries de la sncf, mais en raisonnant comme ca, on finit par tout relativiser, meme le pire. Pour ceux qui ont vraiment le sentiment de vivre un situation difficile, n'oubliez pas que plus que votre emploi, votre situation financière ou votre famille, c'est l'image que vous avez de vous meme, votre estime de vous, votre gestion du stress et de vos angoisses qui vous aideront a traverser cette période. Prenez donc soin de vous au quotidien. C'est en tout cas le conseil que je me donne quand les choses ne se passent pas tout a fait comme je l'aurais souhaite.