Ce matin se tenait la réunion de démarrage du Centre de Service Production Train qui verra partir des applications critiques de la SNCF en offshore au Maroc chez Cap Gemini.

Afin de rappeler leurs déterminations dans la lutte contre les centres de service, plus de 150 personnes mobilisées très rapidement (afin de conserver l'effet de surprise) ont fait irruption dans la salle où se tenait la réunion.

Les bannières syndicales déployées, la déclaration a été lue :

Mesdames et Messieurs,

Pratiquement un an, jour pour jour, après notre intrusion lors d’une séance du CE des Directions Transverses, nous voici de nouveau contraints à intervenir lors de cette réunion de lancement du centre de service Production Trains.

Aujourd’hui encore, les cheminots de DSI-T sont mobilisés comme ils l’ont étés les 3 février, 23 mars, 1er avril 2010, et par la suite, même si une autre actualité sociale a occulté cette bataille.

Ce centre de service Production Train que vous voulez mettre en œuvre est symbolique de ce que nous dénonçons depuis l’initialisation du projet Ulysse, à savoir :

  • La dépossession des informaticiens cheminots de leur métier sur le cœur d’activité de l’entreprise ;
  • Le bradage de notre patrimoine technologique, au risque d’être bientôt concurrencés par des entreprises exploitant notre savoir faire ; La perte de la maîtrise de notre système d’information ;
  • La perte de réactivité avec l’introduction de niveaux supplémentaires dans la chaîne décision – réalisation – validation – mise en production ;
  • Le tout nous mettant face à un risque industriel dont hériteront les successeurs de l’équipe de direction actuelle, l’impact direct sur la production mettant en danger la SNCF, et là, ce ne sera pas en raison des conditions climatiques.
Nous n’omettrons pas l’impact sur l’emploi informatique en France que ce projet fait peser avec le recours massif à l’offshore, alors que, n’en déplaise à notre Directeur, comme le confirme le MagIT le 3 février, je cite : « le taux de chômage demeure particulièrement élevé - à 5,3% - pour un secteur généralement jugé plutôt porteur ».

Nous sommes en train de reproduire dans l’informatique ce que nous avons connu dans l’électronique dans les années 70 ! Vous ne pouvez pas vous réfugier derrière le nuage de fumée des centres de service pour vous en laver les mains ! Qu’en penseront nos enfants, vos enfants ?

Pour tout cela, les dirigeants de la SNCF devront fournir des explications aux élus de la Nation.

Non, la lutte des cheminots contre le projet Ulysse n’est pas terminée, à peine a-t-elle été mise entre parenthèses.

Deux procédures judiciaires sont en cours et aboutiront prochainement ; nous ne manquerons pas de demander la reprise du dossier à zéro si leur issue nous est favorable.

Une nouvelle DCI est en préparation et nous exigerons la présence de M. Pepy, ainsi qu’il s’y est engagé ; selon les résultats de la concertation, nous n’hésiterons pas à re- mobiliser les cheminots.

Nous arrêtons là cette déclaration, vous laissons face à vos responsabilités et continuer vos travaux... ou pas.

La lutte reprend

La parenthèse des retraites étant maintenant derrière nous, les syndicats viennent de faire leur kick-off : celui de la lutte de 2011. Cela se passera d'abord par les résultats des jugements (délit d'entrave et référé) qui seront connus dans les prochains jours, puis par une nouvelle journée d'action si la DCI avec Guillaume Pépy ne donne pas satisfaction.
Et bien sûr, d'autres petites surprises comme celle d'aujourd'hui seront toujours au rendez-vous.