Les députés ont été nombreux à solliciter le gouvernement pour avoir des
éclaircissements sur le projet Ulysse.
Leurs questions ont été publiés au JO début juin, et voici que les réponses
viennent d'être (enfin) publiées dans le JO du 10 août.
Pour les consulter, il vous suffit de vous rendre sur le site de
l'Assemblée Nationale et de faire une recherche sur le mot
"ulysse"
Nous prendrons le temps de décortiquer tout cela.
L'une d'entre elles, issue du Ministère des Transports par rapport à la
question n°79922 de Jean Glavany député des Hautes Pyrénées, a cependant tout
de suite retenu notre attention (le gras est de nous) :
Le projet Ulysse consiste
en la création d'une filiale commune à la SNCF et à IBM destinée à optimiser
l'organisation des trois quarts des prestations informatiques, d'ores et déjà
sous-traitées par l'établissement public. L'expertise d'IBM doit lui permettre
d'améliorer le pilotage d'une sous-traitance informatique complexe et à l'heure
actuelle éclatée entre de nombreux fournisseurs avec le double objectif
d'obtenir des gains de productivité et une meilleure qualité de fonctionnement
de ses systèmes d'information, au bénéfice du service rendu aux usagers. En
outre, les risques économiques seront essentiellement portés par IBM.
Cette évolution n'entraînera pas, pour la SNCF, la perte du contrôle de
ses systèmes d'informations, dans la mesure où elle n'externalise aucune
compétence, ni aucune ressource. Elle reste à l'initiative de la
stratégie, que ce soit en termes de politique d'achat, de ressources humaines
ou de choix technologiques et conserve la possibilité de mettre fin au
partenariat à tout moment en rachetant les parts d'IBM dès lors que les
résultats escomptés ne seraient pas atteints. Dans le cadre de ce projet, aucun
actif, aucune activité ni aucun personnel ne sera transféré vers la nouvelle
entité. En conséquence, les 2 000 cheminots du pôle informatique
ne seront pas affectés statutairement par la nouvelle organisation et les
changements seront sans impact sur leur activité et sur leur
localisation. La fiabilité requise par les opérations de la SNCF
limite très fortement les possibilités de recours à la sous-traitance. Pour
autant, dans le cadre de son autonomie de gestion, il appartient à la SNCF de
choisir l'organisation la plus adaptée lui permettant de rendre le meilleur
service possible à ses usagers. Toutefois, la SNCF doit prendre en
compte, dans le choix de ses fournisseurs, la qualité de leur responsabilité
d'entreprise, et notamment leur contribution au maintien de l'emploi sur le
territoire. Les pouvoirs publics demeurent très attentifs aux
conséquences sociales des choix de l'entreprise et veilleront au bon
déroulement de ce partenariat stratégique avec IBM.
Commentaires
Comment dire .....
Je peux comprendre que notre direction se foute de nous. c'est pas nouveau.
Mais qu'en plus on raconte n'importe quoi aux élus de la république. Là à froid j'ai comme une grosse déception.
"Aucune perte de compétence", on croit rêver...
Comment peut-on croire un tel discours. Mr Pépy, il ne faudrait pas nous prendre pour ce qu'on est pas...
Mais en même temps c'est vrai que le métier de la SNCF, c'est la vente de billets de train, pas l'overclocking.
Pour Z, effectivement la SNCF est un transporteur et fournisseur de services ... mais elle ne peut plus tourner de manière opérationnelle sans informatique ... il y a donc là une composante stratégique qui n'est pas considérée comme telle par nos dirigeants (même si on peut raisonner de manière plus fine suivant les domaines fonctionnels).
Bon, c'est quand la rentrée ?
Et n'oubliez pas que le 7 c'est aussi pour nos retraites !
Probablement en marge d’une ligne syndicaliste traditionnelle, je ne me reconnais pas dans une action avec les habituels amalgames (Salaires, retraites, CE …). C’est la vieille recette assurée des mauvais scores, et c’est d’ailleurs pas ce qui a fait le succès de la forte mobilisation inédite des informaticiens jusque là. Pas de méprise, il ne s'agit pas de corporatisme mais de mieux cibler la revendication.
Pour moi le site CORTIS est (ou était) la démonstration inverse et intelligente, qu’il pouvait y avoir, outre l’information sur des faits réels, un relais utilisant tous les vecteurs de communication, pour une prise de conscience collective des enjeux de ce projet dangereux.
IBM, (nouvelle définition de Gros mot en trois lettres), n’est pas encore impliqué dans le projet de loi WURTZ, aussi pas de confusion SVP (et ce même si ce dernier devrait ouvrir une boutique à TOURNUS pour ses casseroles).