Lettre des DUPI à M. Granet
Par Anonyme le lundi 5 avril 2010, - Actualités - Lien permanent
Fin de la trêve pascale, et retour de l'actu. La semaine dernière, les Directeurs d'UP Informatique des ASTI ont adressé une lettre à M. Granet, dirigeant de CSC-TI :
Lettre ouverte à M Granet, Chef du Département CSCTI.
Monsieur le chef de département.Les propos « rassurants » de la Direction de l’Entreprise sur le projet Ulysse ne nous convainquent pas. La précipitation dans la prise de décision, l’absence de concertation, la nature et la puissance du partenaire, ses pratiques dans d’autres entreprises et ses ambitions affichées, le montant et la durée de l’engagement nous font craindre une perte de maîtrise du système d’information par la SNCF et font peser une menace sur la pérennité des emplois d’informaticiens, y compris en ASTI (la DSIT fournissant plus de 80% de la charge de travail des UPI).
Dans les UPI, le projet Ulysse vient cristalliser un malaise beaucoup plus ancien dont vous ne semblez pas, jusqu’à présent, mesurer l’ampleur.
Les informaticiens régionaux, au service de l’ensemble de l’entreprise, sont épuisés des restructurations, des choix contradictoires des activités, du réseau national de transmissions de données aux performances médiocres, de la faiblesse du pilotage politique et technique du système d’information de la SNCF. Médecins des malaises des utilisateurs, entonnoirs où se déversent les contradictions variées de l’entreprise, ils nous expriment quotidiennement une lassitude aggravée par un suivi de la production, certes nécessaire, mais souvent ressenti exclusivement comme un outil de réduction des coûts.
Depuis la généralisation des ASTI en 2002, les informaticiens régionaux n’ont jamais été rassurés sur leur sort et sur celui de leur métier : très peu d’embauches d’informaticiens, pas d’examen de TAD informatique, pas de cursus d’attachés TS informatiques, une passerelle EV7/EV9 très inadaptée aux informaticiens, une non- reconnaissance des emplois d’experts techniques réseau-serveurs, la suppression des DUP dans 4 petites régions, un abandon des emplois de développeurs (repris en partie seulement par la DSIT), une mésentente entre la DSIT, notre pilote métier et CSCTI notre hiérarchique, l’absence de politique de gestion prévisionnelle des emplois informatiques.
Convaincus de la convergence technique entre informatique et télécoms, ils ont attendu en vain la moindre proposition mobilisatrice de la direction qui permettrait dans le respect mutuel de rapprocher et de faire évoluer nos deux métiers. Pire, la maladresse d’un de vos prédécesseurs a réussi l’exploit d’unir les deux métiers dans un refus total de toute évolution de la répartition des tâches. Vos propres réflexions sur des unités mixtes télécom- informatique, dans votre projet ESTI, suscitent l’inquiétude. Seuls le dialogue avec les agents et des négociations sur les métiers avec les organisations syndicales pourraient emporter l’adhésion.
Le découragement de nos agents est tel, que certains, abandonnent ou envisagent d’abandonner le métier qu’ils aiment, pour chercher ailleurs une reconnaissance.
En participant à la « journée sans informaticiens » du jeudi 1 avril 2010, nous sommes convaincus qu’ils exprimeront d’abord leur attachement à leur métier et à l’entreprise.
Vous comprendrez que nous-mêmes, chefs d’UPI et responsables informatiques en ASTI, assumant nos responsabilités de dirigeants, nous faisons le choix d’être solidaires et partie-prenante de cette journée.
Restant à votre disposition pour un échange plus approfondi si vous le
souhaitez, veuillez agréer, M le Chef de Département, nos sincères
salutations.
Et si vous vous penchez sur les chiffres de la grève du 1er avril, vous constaterez qu'un certain nombre de ces Directeurs ont effectivement soutenu le mouvement.
Nous attendons maintenant la réponse de M. Granet...