Petit à petit, les pièces s'assemblent et nous voyons plus clairs dans les projets de la Direction.

L'offshore était prévu depuis longtemps

Pour démentir l'offshore, Eric Lelièvre déclarait en mars que la SNCF n'irait pas dans les pays où elle n'a pas d'intérêt commercial. Depuis, le discours a changé puisque même la Direction ne nie plus l'offshore. Mais la réponse apparaît clairement dans le n°330 de Les Infos en page 10 où un article nous apprend qu'en mars, quatre cadres de la SNCF sont allés découvrir le marché ferroviaire indien : "Nous y allions pour étudier les opportunités de développement pour le compte du Groupe". Tout est dit.

Les économies ne sont pas le but premier

Personne n'est dupe, même la Direction l'a reconnue : les économies annoncées ne seront pas au rendez-vous.
Allons plus loin, les économies n'ont jamais été le but de ce partenariat. Elles n'en sont que le prétexte pour justifier la contrepartie du contrat noué entre la SNCF et IBM autour de Geodis.

Pour preuve, le modèle d'offshore retenu est celui qui ne peut générer d'économies, si on se réfère à une étude du CIGREF (Club Informatique des GRandes Entreprises Françaises) réalisée... en 2007 !
Ou bien alors, c'est que nos dirigeants n'ont pas pensé à chercher dans Google plus d'information sur l'offshore ? Car cette étude nous amène également d'autres informations comme par exemple les écueils à éviter, et dans lesquels nous nous sommes échoués :
  • "Eviter de signer un accord uniquement au niveau top management, l'accord risquant d'être difficile à gérer ensuite, le prestataire considérant les modalités comme acquises et non négociables."
  • "Prendre impérativement en compte le facteur culturel". Or, à la SNCF la culture d'entreprise, très forte, est totalement opposée à ce genre de pratique...
  • Au niveau du fonctionnement front-back : "ces ressources front-office sont apparues peu au fait des spécificités françaises et se sont révélées au final plutôt comme des freins que des facilitateurs"
Enfin, voici quelques facteurs clés du succès, sur lesquels la Direction ferait bien de s'interroger :
  • La conduite du changement est critique
  • L'expertise technique oit être conservée en interne afin de pouvoir challenger le prestataire sur des points durs
  • Regarder au-delà des certifications

Un contrat déjà ficelé

Les échos que nous avons eu des premières réunions avec NoviaServ l'attestent : Tout est déjà ficelé.
Le personnel IBM détaché dans la JV, n'est pas là dans un rôle de conseil ni de partenaire, mais bien pour faciliter la mise en place des centres de services indiens (qu'ils ne cachent plus).
Le projet est décomposé en deux phases distinctes : la phase de Transition, qui durera de trois à six mois. Elle sera suivie par la phase de Transformation.
Bien évidemment tous ces projets ont été tracés sans aucune connaissance de notre mode de travail, et sans prendre en compte la souplesse que nous accordons généralement à notre maîtrise d'ouvrage.

La Transition

Pendant cette phase, l'idée est de conserver l'existant. Les prestataires sont remplacés petit à petit, mais les environnements ne changent pas. Ainsi, les Indiens travailleront sur des serveurs de développement encore hébergés à DSIT. Pire, il se pourrait même qu'ils travaillent (à distance) sur des postes SNCF : Avec notre master et reliés à notre réseau !

La Transformation

Ensuite viendra le temps de la Transformation. C'est à ce moment là que certaines applications seront développées en Inde, que les serveurs changeront, etc.

Agissons !

Vous l'aurez compris, d'ici six à neuf mois, ce sera trop tard.
Mais nous ne sommes encore qu'en phase de Transition. Il est encore possible d'arrêter ce projet, car il y aura peu d'impact sur notre environnement. Le retard dans la mise en place des premiers centres de services (celui de l'ERP aurait dû commencer il y a un mois) est un atout pour nous.
A nous de poursuivre dans cette voie, de manière publique par des opérations comme hier, mais également en offrant une résistance passive, en faisant traîner les dossiers en cours avec NoviaServ/IBM.