Retour sur la Mission de Contrôle Economique et Financier des Transports
Par Anonyme le lundi 1 mars 2010, - Actualités - Lien permanent
Nous vous en parlions la semaine dernière, nous nous sommes procuré le rapport de l'Inspecteur Général des Finances, Chef de la Mission de Contrôle Economique et Financier des Transports (MCEFT). Nous avons décidé d'y revenir plus en détails aujourd'hui, car cela apporte quelques éclairages supplémentaires sur le montage.
Le montage
Un certain nombre d'informations sont déjà connues, nous ne revenons que sur les points importants (avec nos remarques).Il est notamment question "d'un accord de partenariat (JV) avec IBM pour gérer 75% des prestations informatiques sous-traitées qui s'élèvent à près de 500 M€".
D'où sort ce chiffre, bien inférieur à tous ceux entendus par la suite ??
"L'engagement pris pour assurer les économies est d'environ 57% des volumes actuels de sous-traitance."
"En cas de sous performance, la baisse des profits de la JV par rapport à ceux prévus dans le plan d'affaires voire les pertes générées seront prises en charge par IBM respectivement à 90% et 95%"
Certes, IBM semble vouloir prendre le risque à sa charge, mais en réalité, nous savons bien qu'ils vont nous coller une pression d'enfer pour que les chiffres annoncées soient atteints.
"A l'inverse toute surperformance de la JV sera partagée entre les parties à hauteur de 55% pour la SNCF et 45% pour IBM".
L'enjeu d'IBM n'est pas là, nous le savons bien.
Les réserves de l'Inspecteur
L'Inspecteur s'interroge notamment sur "la mise en oeuvre effective de ce dispositif tant il paraît complexe.""La multiplicité des acteurs et des structures (directions et filiales de la SNCF, SNCF Participations, Stelsia, JV, IBM, soustraitants, comités de suivi...) ainsi que les modalités de gouvernance croisée risquent de faire en sorte que l'équilibre du système ne soit jamais atteint"
Comme quoi, il n'y pas qu'à nous que ce montage paraît complexe !
"Le plan d'affaires recèle quelques éléments d'incertitude. Outre le fait que le chiffre d'affaires est en baisse sur les six années du partenariat, les gains de productivité annuels à obtenir sont importants, entre 2% et 5% pour la production et de l'ordre de 10% en moyenne pour les études".
"De plus, le taux de marge d'IBM, bien que déjà considérablement réduit au coure de la négociation, apparaît encore élevé par rapport aux standards de la profession".
Et oui, mais c'est ainsi que Big Blue y trouvera son compte : en nous sur-facturant une exploitation transférée en Inde et en nous liant avec leurs nombreux produits aux coûts de licence monstrueux.
"IBM va acquérir une place privilégiée comme prestataire du groupe SNCF, aussi, il y a lieu de prévoir la réversibilité des contrats en cas de cessation du partenariat".
Là, malheureusement, nous ne sommes pas sûrs que ce sera le cas, et c'est une garantie qu'il faudra demander à notre Direction.
A cela s'ajoute une réserve de taille de notre part : Il semblerait que le rapport qui ait été confié à l'Inspecteur (tout comme la note pour le CA d'ailleurs) ne faisait pas mention de l'offshore. Or c'est un point très important qu'il aurait fallu porter à la connaissance de nos chers gouvernants. Nous estimons donc que le rapport a été volontairement tronqué d'une partie importante du projet pour s'assurer d'un passage plus facile. Alors que des centaines d'emploi en France sont menacés !
Commentaires
Bravo les gars pour votre site que je découvre aujourd'hui. Heuresement que nous nous organisons pour faire barrage à cette ineptie qui ne peut profiter qu'à IBM.
Toutefois, je me demande quelles actions vous envisagez au-delà de la journée de grève du mois dernier et je trouve étrange que les syndicats soient si silencieux sur la question. Chez nous à ISI, on ne l'évoque qu'à demi-mot et je n'ai pas encore vu de délégué venir nous en parler sérieusement. Du coup, on ne sait pas très bien quel sera l'impact sur les autres DSI. Que la Direction veuille cacher certaines vérités dérangeantes, je peux le concevoir, que nos délégués restent muets sur le sujet me surprend beaucoup plus. Qu'attendons nous pour transformer et amplifier le mouvent de grève qui si j'ai bien compris a été suivi par 78% des agents de DSIT à Lyon. A Ermont comme chez nos collègues nantais, nous sommes loin du compte.
En attendant, bravo aux courageux qui font vivre ce site. Continuez, on est avec vous.
Merci " ISI aussi" pour rejoindre la résistance à ce projet monté contre les intérêts des cheminots. Le temps est venu d'organiser et d'amplifier la lutte en demandant à tous les collègues de se solidariser. Aujourd'hui, on liquide l'informatique, à qui le tour demain ? Ce sont tous les domaines transverses qui sont attaqués et menacés de disparaitre. La SNCF a une âme, ne la vendons pas au diable.
Dans ses communications à son staff M. Baudy s'était pourtant vanté d'avoir fait grandement reculer les prétentions d'IBM en terme de marge.
Dans ses communications aux agent, il avait affirmé que les rémunérations d'IBM étaient conforme aux règles de l'art ... le rapport cité ne semble pas être du même avis. C'est bizarre.
Mais comme on ne peut voir ni le rapport ni le contrat ...
Le chiffre de 80 personnes dans la JV a été cité en interne. C'est plus que l'ensemble du staff "top" de DSIT et des divisions d'appui (méthodologie, ...). Il va bien falloir payer ces gens là avec de la marge gagnée sur les autres.
<humour noir on> Allez, une pointe positive : ça fait au moins 80 emplois en France maintenus grâce à l'action volontariste de la SNCF.</humour noir on>