Voilà un peu plus d'un an qu'Ulysse est en route. Les mouvements sociaux du printemps 2010 ont permis le départ de Michel Baudy. Et l'arrivée de Gilles Albertus a permis de faire le ménage dans les montages faits par son prédécesseur qui donnait pratiquement carte blanche à IBM.

Pour autant, la menace n'est pas écartée, bien au contraire. Ce qui choque, c'est qu'il y a un an, la direction niait l'offshore, alors qu'il est désormais affiché clairement. Le programme de reconstruction de la confiance d'Albertus a permis à la direction de reprendre à son bord les chefs de division, qui savent maintenant qu'ils jouent leur place s'ils montrent leur opposition au projet, les transformant en de redoutables agents. Certains vont même jusqu'à adapter leur signature en anglais avec des termes propres à IBM qu'on souhaiterait ne jamais voir chez nous comme "Business Unit"...

Même si on n'en parle peu, l'offshore n'a jamais été aussi près. Certains chefs se rendent désormais en Roumanie, ou programment des conférences téléphoniques avec l'Inde. Le Centre de Service Production Train aura 50% du back office au Maroc dès 2012, et la direction annonce toujours vouloir réduire de 80% les prestations d'assistance technique, que ce soit à DSIT-E ou DSIT-X...
En parallèle, Noviaserv continue de collecter toutes les informations sur notre réseau et nos applications et prépare l'ouverture des environnements de développement (qui seront toujours hébergés par DSIT)  aux Centres de Service.

Et dans tout ça, lorsque la question lui a été posée, la direction n'a pas été en mesure de garantir la confidentialité des données !
C'est donc tout notre savoir-faire qui s'en va...

Mais des mouvements comme lundi prouvent que la résistance est toujours ancrée chez nous, et que nous rejetons en bloc les Centres de Service. L'année 2011 sera sans doute marquée par de nouveaux mouvements sociaux pour maintenir la pression sur une direction qui continue de faire la sourde oreille.
Le pire dans l'histoire c'est que nous savons tous comment elle se terminera : dans moins de cinq ans, après un fiasco retentissant (en espérant qu'il n'y ait pas d'accident de circulation), tout sera réinternalisé, comme cela a déjà été le cas dans de nombreuses entreprises françaises (voir ici et ici, ou encore ).
Nous sommes traditionnellement en retard sur l'adoption des nouvelles technologies et modèles d'organisation, il est dommage cette fois-ci de ne pas en profiter pour interpréter les retours d'expérience des autres sociétés. Car dans la logique du toujours moins de budget, Guilaume Pépy pourrait faire une belle économie en conservant son informatique en interne plutôt que de céder au chant des sirènes bleues...