Un astucieux calcul
Par Anonyme le mercredi 14 avril 2010, - Actualités - Lien permanent
Vu sur un tract syndical distribué cette semaine, un calcul astucieux permet de mieux comprendre le rôle de l'offshore dans le montage actuel :
Afin de garantir 17% d'économie à la SNCF en moyenne sur les 75% du volume d'activités et octroyer les 13% à IBM, il faut en réalité réaliser 30% d'économie auprès des fournisseurs (SSII).
Ce pourcentage a été confirmé à maintes reprises dans les diverses réunions "pédagogiques" [...] Dans ces mêmes réunions, la Direction annonce qu'une économie de 10% (sur 100% du volume d'activité) est parfaitement possible avec une meilleure gestion interne de la sous-traitance.
- Un constat rapide met en évidence que l'offshore sert clairement à rémunérer IBM
- La différence entre les 2 versions pour un volume V
d'activité donne 2,75% :
(0,17 * 0,75 V) - (0,10 * V) = 0,0275 * V
Tout est dit...
D'ailleurs, Eric Grasset n'a-t-il pas déclaré que les 17% de gains étaient
faisables sans offshore mais que "c'était mieux avec" ? Voilà sans
doute une des raisons...
Commentaires
Il existe d'autres avantages : ce dispositif permet de créer de l'emploi en France, en Nearshore et en Offshore... pour Big Blue :)
D'ailleurs, des informations précises sur la nouvelle organisation circulent sur certains sites dans un ou plusieurs documents divulgués. Est-ce que quelqu'un pourrait nous en dire plus à ce sujet ?
Merci.
Désolé ami Cortis, vos calculs sont surement juste mais je demeure un septique sur la méthode de calcul des économies, économie qui semble effectivement être le principal motif d'Ulysse (pas mal choisi pour un voyage exotique). Pour la qualité, y a t'il eu des mesures auprès de nos clients (Audit ???) qui nous serait défavorable ?
A noter que mesurer des économies réelles n'est pas si simple et de nombreux biais peuvent intervenir (gain sur les coût d'unité d'oeuvre et charges supplémentaires en licence/matériel ou autre), il serait donc intéressant pour nos syndicats et nos hauts dirigeants de connaître et de maitriser quels sont les indicateurs choisis et validés pour mesurer ces économies :
- indicateurs à bannir : le coût d'unité d'oeuvre, c'est bon pour les pigeons,
- indicateurs pertinents : évolution des budgets SI.
Déjà aussi souligné sur ce site, les dérives anciennes et actuelles autour des prestations informatiques : nous débauchons (avec leur bénédiction) des employés de nos prestataires pour des postes à responsabilité (cadre sup) qui, oh surprise, choisisse (confirme, continue ...) de travailler avec leur ex entreprise comme prestataire; tout cela à couvert d'un processus achat qui garantit contre les mauvais esprits.
C'est une technique pratiquée par différentes SSII : légales, intelligentes. Même IBM, si, si, il suffit de regarder le nombre de DSI ou proches de DSI qui sont des anciens IBM et dont IBM est le principal prestataire.
Nos dirigeants, les mêmes qui n'ont pas su réduire les coûts dans les années passées ni ce dangereux mélange des genres seront ils mieux maîtrisés ces dérives avec une société qui peut jouer sur de multiples tableaux (logiciels, matériels, conseil, .... ) , qui est la meilleure SSII (l'une des) du monde, dixit nos dirigeants et un de nos plus gros clients ??
Bon courage
Ce qui n'est pas vraiment expliqué c'est pourquoi on a abandonné le choix de mettre nous même en place des centres de service. Si on en croit les présentations officielles, la décision est prise en 2008,le choix des SSII en 2009, puis on bascule sur SNCF-B5 fin 2009. Il est vrai que rien n'était dit à l'époque sur l'offshore, mais moins acceptable si c'est directement la SNCF le donneur d'ordre. Quant aux contraintes d'appel d'offre, c'est juste un volume en + à commander à un centre de service.
Par contre le modèle économique avec SNCF-B5 est loin d'être évident : On ajoute une interface de 50 personnes ( 10 dans Stelsia, 40 dans SNCF-B5), on ajoute une interface coté SSII pour le back-office, on ajoute un contrôle du centre de service coté SNCF (qualité de code, de la doc,....). On comprend donc mieux qu'il faut faire de l'offshore ! On a un processus simple, on le complexie pour faire du CA à IBM, au détriment des SSII. Ces dernières ne seront pas intéressées de continuer si elles perdent de l'argent, donc on aura à court terme une augmentation du budget SI.
C'est dommage que nos DSI se limite à un aspect comptable. Des gains économiques sont également possibles au niveau IT : l'open source n'est pas une alternative ? Les autres boites comme AirFrance se lance dans des SI orientés SOA et nous ? Au niveau exploitation, les solutions de type "cloud" apportent une industrialisation de la production. N'est ce pas une piste de gain ?
Pour Nemo,
Les pistes de gain existent.
L'Open Source n'est pas miraculeux en soi mais l'approche de l'ancienne direction a toujours été radicalement opposée. Avec les cinq millions -dit-on - d'euro de logiciels IBM que DSIT a été tenue de commander fin 2009, ou aurait pu payer du monde pour participer à la core team de certains logiciels open source ... par exemple.
Une meilleure gestion de portefeuille en évaluant de manière plus normée et objective l'apport métier et le bénéfice pour l'entreprise de ce qu'on nous fait développer est possible. Il est vrai que DSIT dispose d'un exemple probant pour les générations futures avec Gallilei ...
Et je pense qu'avec une démarche un peu collaborative pas trop orientée on découvrirait des pépites dans les idées des cheminots qui croient encore à une force interne (la majorité encore pour quelques temps, en tous cas je l'espère sincèrement) et des prestataires impliqués (et il y en a beaucoup et je leur rends aussi hommage).
La démarche actuelle signe aussi l'absence de gouvernance réelle pratique de l'ensemble des DSI (mission qui incombe au directeur de DSIT et à un de ses départements).
La différence entre la situation avant et la situation après est qu'avant avec un collectif volontaire et des "ego" moins prononcés il était possible d'influer sur le cours des choses (open source, SOA, ...). La situation après est que non seulement le truc ne sera pas plus gouvernable qu'avant, mais en plus nous aurons filé le gouvernail, les rames, la voile, etc à un acteur dont l'intérêt divergera par essence ...
Au fait c'est bizarre, prix de l'essence augmente actuellement, on dit que c'est à cause d'une parité dollar / euro ... et on n'a pas de levier sur la parité du dollar ... comme c'est dommage ... (toute ressemblance ...)