Un courrier adressé aux élus parlementaires
Par Anonyme le lundi 26 avril 2010, - Actualités - Lien permanent
Les syndicats ont adressé un courrier à chacun de nos élus politques parlementaires (députés et sénateurs). En voici le contenu :
Nous attirons votre attention et sollicitons votre intervention sur le projet ULYSSE actuellement mis en œuvre par la SNCF qui consiste à céder le pilotage de la production ainsi que la gestion de la sous-traitance de ses prestations informatiques à IBM pour un marché avoisinant les 1,7 milliards d’Euros sur 6 ans.
Cette décision a été prise dans la plus grande précipitation, le 11 janvier 2010, par le Conseil d’Administration de la SNCF, et a été votée par les représentants de l’état malgré l’opposition de l’ensemble des administrateurs salariés et les réserves émises par la mission de contrôle économique et financier des transports du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi.
Les instances représentatives du personnel de la SNCF, à commencer par le Comité Central d’Entreprise, n’ont jamais été valablement consultées sur les conséquences stratégiques, économiques et sociales de ce projet.
D’autre part, il semblerait que les dispositions légales relatives à la passation des marchés publics n’aient pas été respectées dans ce dossier.
La Direction de l’entreprise publique n’entend pas moins livrer les clés du Système d’Information, de la technologie et du savoir-faire de la SNCF à une multinationale qui ambitionnerait de devenir un acteur majeur de l’informatique ferroviaire.
Au-delà de nos craintes sur les conséquences néfastes de cette cession pour les informaticien-ne-s cheminot-e-s, pour le service public ferroviaire et l’avenir de la SNCF nous vous alertons sur le sort qui est d’abord promis aux prestataires actuels de la SNCF, les salarié-e-s des Sociétés de Services Informatiques (SSII) qui seront mis sur la touche dès le 1eravril 2010 notamment sur les bassins d’emplois de Lille, Lyon, Nantes et Paris.
En effet, les objectifs d’économies de 17 % sur 6 ans annoncés pour la SNCF, auxquels il faut ajouter les bénéfices escomptés par IBM, impliquent une délocalisation massive de centaines d’emplois d’informaticiens vers des Centres de Services «Offshore» (Inde, Europe de l’Est,...) à l’instar de ce que la multinationale a fait avec BNP-Paribas ou CMA CGM avec des résultats catastrophiques.
Le secteur Informatique en France a été durement touché par la crise ; le chômage des informaticiens a fortement progressé dans le pays en 2009 et cette situation est aggravée par une politique de délocalisation des emplois informatiques qui se généralise et s’amplifie depuis plusieurs années. Certaines des toutes premières SSII françaises compteraient dorénavant plus de salariés en dehors de nos frontières, principalement dans certains pays émergents comme l’Inde.
Il est intolérable qu’une entreprise publique comme la SNCF contribue par la mise en œuvre de ce projet à l’aggravation du chômage dans le pays et à une perte de compétences technologiques et stratégiques liées au système d’information public ferroviaire.
Dans le cadre d’une Demande de Concertation Immédiate déposée le 1er mars 2010, nos fédérations syndicales ont alerté et mis en garde, en vain, la direction de l’entreprise. Lors des journées de grève du 3 février et la « Journée sans Informaticiens » du 1er avril 2010 à la SNCF, les informaticiens se sont fortement mobilisés pour témoigner de leur inquiétude et de leur mécontentement avec de très forts taux de grévistes.
Nous portons aujourd’hui auprès de vous les revendications suivantes auxquelles nous vous laissons le soin de donner toutes suites que vous jugerez utiles.
Nous demandons :
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L’abandon d’ULYSSE et de tous les projets d’externalisation.
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La ré-internalisation des missions dans tous les domaines et la garantie de leur pérennité.
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Le contrôle du système d’information exercé pleinement par l’EPIC SNCF pour assurer la pérennité de l’entreprise intégrée, de ses missions de service public et le maintien de l’emploi sur le territoire national.
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La maîtrise d’oeuvre SNCF réalisée avec un faible volume de sous-traitance garantissant la confidentialité des données, la connaissance métier et la maîtrise des systèmes.
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Une véritable politique de l’emploi informatique en interne à la SNCF, appuyée par des embauches au statut et l’organisation d’un examen sur l’ensemble des régions et directions.
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Des engagements pour l’avenir de la filière informatique dans les Directions des Systèmes d’Information, dans les Agences de Service Télécoms et Informatiques et de tous les agents qui travaillent pour le système d’information de la SNCF.
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Une politique d’achats efficiente pour toutes les prestations (matériels, logiciels, choix des SSII) garantissant notre indépendance des constructeurs et éditeurs.
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Le respect des droits syndicaux élémentaires et des Instances Représentatives du Personnel.
Nous pensons que chaque élu-e doit faire entendre sa voix et peser sur ce sujet d'une importance nationale en terme de défense de notre savoir-faire technologique et de préservation du service public informatique ferroviaire.
Les conséquences néfastes en terme d’emplois vont d’autre part lourdement peser dans certaines régions.
Nos représentant-e-s sont à votre entière disposition pour vous apporter les éléments d'appréciations que vous jugeriez utile à votre engagement sur cette question et nous ne manquerons pas de faire connaître votre position sur ce dossier.
Veuillez recevoir, Madame-Monsieur la-le députée-é, nos meilleures salutations syndicales.
Commentaires
Bien, ne faudrait-il pas que chaque cheminot fasse de même avec les députés de son coin, et le gouvernement ?
Rêvons un peu, si chaque député concerné reçoit plusieurs milliers de lettres, ils vont peut-être se pencher sur notre problème et se positionner sur la problématique de l'offshore et de la perte de contrôle du SI d'une des plus belles entreprises de France au profit de rapaces internationaux ou de fonds de pension voraces, plutôt que nous faire une réponse lénifiante et à côté de la plaque (comme M. Bussereau).
Bonsoir,
Je pense personnellement que l'objectif des 17% sans avoir recours à l’offshore est plus qu’atteignable car la SNCF travaille en mode régie (AT) et rien que le levier forfait permettrait d’augmenter la productivité.
Ce big deal permet à la SNCF de donner le change au contrat entre IBM et GEODIS sans lancer d’AO et surtout, cela permet de casser les initiatives locales dans les DSIT, DSIV, INFRA … C’’est juste politique.
Il est évident que ca va causer des pertes au feu, des dépôts de bilan pour les petites structures dans une conjoncture extrême difficile.
Il est évident que l’état est au courant depuis le début de ce projet Offshore mais ca ne touche pas les cheminots pour l’instant ;-) et après tout, se ne sont des emplois privés (700 )
Il est évident que la SNCF va perdre petit à petit le savoir faire et n’aura plus de contrôle de son SI mais de toute façon les cheminots non pas l’envergure pour le piloter et le faire évoluer …il y aura du reclassement.
Nous sommes devant une situation critique mais pas désespérante, la bataille du rail ne fait que commencer et je vous INVITE à suivre les performances d’IBM sur le premier Centre service BI (business intelligence ) à la DSIT EOG dans les équipes de Monsieur GRASSET et de MONSIEUR PICHOT (transfuge d’IBM à la SNCF) qui COLLABORENT tous les jours à la mise en place d’un centre de service offshore en INDE avec bien évidemment la surpression de tous les postes des sous traitants au profit des indiens (50 postes) qui ne parlent pas Français. Mais ne vous inquiétez pas, sur le chemin de l’Inde se trouve une équipe de traducteur en Roumanie … . WELCOME dans la mondialisation !