Cortis - La délocalisation de l'informatique de SNCF par IBM

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Tag - 30 juin 2011

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mercredi 6 juillet 2011

Ulysse et Pépy en pleine tempête médiatique

Alors que rien ne le laissait présager (la grève de jeudi dernier étant passé totalement inaperçue auprès des médias), de nombreux articles sont parus hier suite à un article publié par Les Echos.
Ces articles reviennent tous sur les déboires du projet Ulysse, qui pourrait être remis en cause lors du prochain Conseil d'Administration de la SNCF fin juillet :

Guillaume Pépy sur France Inter

Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, il a fallu que ça tombe le jour où Guillaume Pépy était l'invité dans l'émission 7/9 de Patrick Cohen sur France Inter. Évidemment la question d'Ulysse a été abordée. Guillaume Pépy répond tout simplement, qu'il s'agit de débattre pour réduire le coût de la sous-traitance informatique, sans toucher aux emplois des informaticiens cheminots.
Étonnamment, Mr Cohen ne semble pas s'indigner (ou au moins s'interroger) sur le fait qu'une entreprise publique délocalise sa sous-traitance à l'étranger... Mais il cite tout de même l'article des Echos, ce qui a sans doute provoqué l'effet boule de neige...

Le contenu du nouveau contrat

Lors du Conseil d'Administration de la SNCF du 30 juin, les représentants du personnel ont tenu à lire une déclaration pour insister sur leur opposition à ce projet.

Pour autant, à en croire Le Mag IT, le projet serait loin d'être abandonné.
Au contraire même, puisque le "re-solutioning" porterait le contrat à une durée de 7 ans et 2 mois à compter du 1er janvier 2011. On en prendrait donc pour deux ans de plus ("Putain, deux ans !").
Le volume d’affaires serait finalement d'un milliard d'euros (contre 1,7 Md€ initialement), et les économies pour la SNCF ne seraient plus que de 12% au lieu des 17%.
Quand on se rappelle dans quelles conditions le premier contrat a été monté, personne ne s'étonne de cette nouvelle version, qui semble (malheureusement) plus réaliste.

Mettre fin au conflit social ?

Alors que la Direction n'a toujours pas communiqué de chiffre officiel sur la grève du 30 juin (on en déduit donc qu'ils sont loin de jouer en sa faveur), la voici dans une position très inconfortable où elle doit choisir entre conserver son "partenaire" pour espérer réaliser des économies (mais rien ne dit qu'elles seront au rendez-vous, surtout avec un partenaire comme IBM) ou mettre fin à un conflit social latent.

Et il ne faut pas se fier aux apparences, les économies ne sont peut-être pas là où on pense les trouver.
Le coût d'un conflit social qui s'enlise et la perte de confiance du personnel qui s'ensuit peuvent avoir des effets désastreux à terme (et nous n'osons pas parler ici des effets humains ou des troubles psychologiques et de leurs conséquences que cela peut avoir...).

Mise à jour à 17h30

Le Mag IT vient de publier deux nouveaux articles sur le dossier, dont l'un qui relaie le courrier de Christian Mahieux à Guilaumé Pépy qui dénonce des irrégularités dans les commandes de produits IBM.

L'autre article révèle (ce n'est pas une surprise pour certains d'entre nous qui vivons l'évolution du dossier au quasi-quotidien) que la SNCF cherche à renégocier le contrat depuis un an.
Le journaliste révèle également l'intention des syndicats d'envoyer un nouveau courrier aux élus politiques (dont la rédaction est en cours de finalisation NDLR) ainsi que leur intention de demander la création d’une commission d’enquête parlementaire.

vendredi 24 juin 2011

Appel à la grève des informaticiens pour le 30 juin 2011

Suite à la Demande de Concertation Immédiate adressée par les syndicats à la Direction, la réunion s'est tenue lundi, mais la direction n'a pas su apporter les réponses attendues.

Le compte-rendu est disponible en annexe. Voici un rappel de quelques points importants :

  • La Direction a reconnu que la rentabilité du projet reposait sur l’offshore
  • L'emploi des cheminots (et des sous-traitants) reste menacé.
  • La direction n'a aucune vision dans le temps sur les ré-internalisations de postes.
  • La direction n'a apporté aucune vraie garantie concernant la sécurité des données, du SI ou des futurs environnements de production.

En conséquence de quoi, pour défendre l'emploi et l'intégrité de notre SI, les syndicats appellent les informaticiens de la SNCF à se mobiliser massivement comme ils l'avaient fait le 1er avril 2010 et ont déposé un préavis de grève pour le 30 juin 2011, jour du prochain Conseil d'Administration de la SNCF au cours duquel la question du projet ULYSSE sera abordée.

Il est évident que de l'importance de la mobilisation dépendra la suite du projet : Un score proche de celui de l'année dernière montrerait à la Direction que la voie qu'elle a choisie n'est pas la bonne et qu'elle doit encore revoir sa copie.
Peut-être cette fois-ci en intégrant les agents dans la réflexion ?

dimanche 19 juin 2011

Nouvelle Demande de Concertation Immédiate

Mercredi 15 juin, les syndicats (toujours inscrits dans un mouvement unitaire) ont adressé à la Direction de la SNCF une nouvelle Demande de Concertation Immédiate contre Ulysse.

Dans le texte envoyé (dont la version complète est en annexe), les syndicats reviennent sur l'historique du projet Ulysse et les risques qu'il fait peser sur la SNCF, avant d'énoncer leurs revendications, reprises ci-dessous :

  1. Arrêt de la co-entreprise SNCF/IBM ;
  2. Contrôle du système d’information du groupe SNCF exercé pleinement par l’EPIC SNCF pour assurer la pérennité de l’entreprise intégrée, de ses missions de service public et le maintien de l’emploi sur le territoire national ;
  3. Maintien des DSI et des centres d’exploitation informatiques au sein de l’EPIC SNCF ;
  4. Mise en œuvre d’une véritable politique volontariste de ré-internalisation des charges de travail et la pérennité de ces missions avec notamment la reprise par les ASTI de la maintenance informatique et télécom des Directions Centrales.
  5. Pérennisation des emplois des informaticiens cheminots par :
    • une politique d’embauche,
    • l’organisation d’un examen de qualification E sur l’ensemble de l’entreprise,
    • une convergence entre les métiers télécoms et informatiques sur une base favorable aux cheminots des deux métiers dans les ASTI.
    • Le respect des engagements pris avec la réalisation effective de la ré-internalisation des 200 emplois annoncés.
  6. Respects de la législation relative à la passation des marchés publics.

La réunion a été programmée pour lundi après-midi. Nul ne peut prédire ce qui s'y passera, mais on peut tout de même s'attendre à ce que cela débouche sur un appel à la mobilisation pour le 30 juin, date du prochain Conseil d'Administration de la SNCF où Ulysse doit être ré-examiné.

A suivre donc...

dimanche 5 juin 2011

Vers une nouvelle journée d'action le 30 juin ?

Il n'est plus besoin de faire un recensement au jour le jour des avancées des Centres de Service (CdS) ou du projet Ulysse sur ce site, puisque c'est désormais au quotidien que la plupart d'entre nous est impacté.

Entre ceux dont les projets ne devaient pas partir en CdS mais qui finalement partent (au Maroc ou en Europe de l'Est), ceux qui voient leur poste supprimé (ils sont plus de 50 dans ce cas alors que dans un premier temps la Direction avait indiqué qu'aucun poste ne serait impacté), et ceux qui participent aux Etudes Préalables Conjointes (EPC), tout le monde ou presque voit le projet avancer concrètement. Et toujours sans tenir compte de nos remarques, et toujours dans le sens de nos principales craintes (suppression de postes, perte des connaissances fonctionnelles et techniques, aucune garantie sur la protection des données confidentielles...).

Un projet qui a du plomb dans l'aile

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ou ce qui a été annoncé par la presse, le projet Ulysse et les centres de services ne se portent pas si bien que cela.

Tout d'abord le "partenariat" avec IBM est au ralenti : le CdS de tests et de qualification ne verra finalement pas le jour chez IBM. Le chiffre d'affaires promis n'est pas atteint et devrait être revu de moitié.
Mais n'oublions pas que la SNCF a déjà payé des pénalités (on parle de plusieurs millions d'euros !) pour l'année 2010.

Au niveau de la mise en place des Centres de Services, tous accusent un retard de plusieurs mois. Même ceux qui paraissaient les plus simples à mettre en place (ERP, Décisionnel), se brisent les dents sur la réalité et la complexité de la mise en place de telles structures.

Plus fort encore, le CdS Production Train, lancé en fanfare en mars, est toujours au point mort.

Et pour finalement accélérer le lancement, Sogeti fait venir les informaticiens marocains dans les bureaux à Clichy. Derrière tout ça se pose bien sûr la question du statut sous lequel ils travaillent sur le territoire français...

Vers un nouveau mouvement social ?

Le mouvement du 1er avril 2010 a fortement pesé sur le projet Ulysse et sur les choix de la direction. Si cela n'a pas permis de stopper net la mise en place des CdS, cela a en tout cas contribué à un assainissement général notamment par le remplacement de Michel Baudy par Gilles Albertus.

Le Conseil d'Administration de la SNCF qui aura lieu le 30 juin et au cours duquel doit être revu le contrat avec IBM (on parle de "re-solutionning") est donc l'occasion parfaite de rappeler à la Direction notre refus en bloc du projet Ulysse, ainsi que des Centres de Services.

Rappelons également que des représentants de l'état siègent au CA, et que ce sera donc l'occasion de les interpeler sur le sujet de l'offshore.

La question est donc ouverte : Les informaticiens seront-ils prêts à participer à un mouvement d'envergure le 30 juin ? Verrons-nous, pourquoi pas, une nouvelle nuit indienne à la Mulatière en préambule ?