Cortis - La délocalisation de l'informatique de SNCF par IBM

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Tag - ASTI

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vendredi 7 mai 2010

Réponse de Patrice Granet aux DUPI

Suite au courrier qui lui a été adressé le 31 mars dernier, Patrice Granet a apporté le 27 avril la réponse suivante (les gras sont de nous) :

Votre lettre ouverte du 31 mars 2010 concernant le mal être des informaticiens en ASTI a attiré toute mon attention.

Son cadre dépasse largement la Direction d’Affaires CSC-TI, CSC ou encore la branche Infrastructure.

La filiale commune avec IBM est une décision d’entreprise dont le pilotage de la mise en œuvre a été confié à DSIT. Concernant plus particulièrement les ASTI, DSIT, le premier client comme vous le soulignez à juste raison, a indiqué à plusieurs reprises que la création n’aura pas d’impact sur l’activité. L’engagement a été communiqué en CPC-VA le 11 mars et réaffirmé par courriel le 24 mars.

Concernant les problèmes spécifiques à la branche Infrastructure, les embauches d’informaticiens sont réalisées de manière à traiter les besoins de production. Le plan 2010 prévoit 29 apports pour faire face aux départs et déficits.

L’examen de TAD informatique n’apparaît pas nécessairement comme la solution la plus adaptée en termes d’apports et de déroulement de carrière. En effet, la taille des UP Informatique ne permet pas d’offrir suffisamment d’opportunités de carrière et l’évolution du marché est toute entière vers la convergence télécoms et informatique. En conséquence, il vous sera proposé, lors de CPC-SC du 11 mai, qu’un groupe commun issu des CPC-SC et CPC-VA traite du sujet des métiers en ASTI et des parcours possibles. Vos préoccupations telles la reconnaissance de la technicité sur les réseaux ou serveurs ou encore le maintien de passerelles vers les DSI seront bien évidemment examinées. Le rapprochement des métiers télécoms et informatiques, du poste d’opérateur à celui d’expert, devra aussi être abordé. Les premières réunions pourraient se tenir fin mai avec pour objectif d’aboutir à un projet à fin 2010.

[...]

La disparition de petites UP n’est pas une problématique spécifique au métier Informatique. Vos inquiétudes, légitimes dans un monde en pleine mutation, doivent intégrer que la SNCF change, que l’Infra change. Il n’en reste pas moins que les ASTI sont reconnues par leurs clients comme étant le maillon local indispensable aux rouages de la maison SNCF. IG a récemment décidé de renouveler sa confiance aux ASTI alors que le marché n’était pas acquis. La Direction du Matériel, après avoir hésité, reste sur la logique de confier son parc aux ASTI et cette opération sera réalisée dès que la production des ASTI aura été homogénéisée et lorsque les nouveaux moyens nécessaires pourront être mis en œuvre. Enfin, des missions nouvelles, comme celle de CSIE, pourront être fournies par l’ASTI dans une logique d’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage : une expérimentation est en cours sur le Limousin.

Vous abordez le problème de la mésentente entre le pilote métier et les DSI. Ce point est inexact. Certes, le métier d’informaticien est doublement piloté : sous l’angle de la production par CSC et sous l’angle de la technique par DSIT. Certes l’orientation client fournisseur de la relation DSIT CSC conduit à des négociations. Cependant, la relation entre CSC-TI et DSIT est extrêmement forte et solidaire, les parcours professionnel de nombreux agents, de DSIT vers l’Infra et réciproquement, témoignent de la force des liens unissant les deux entités. Par ailleurs, le prochain contrat entre DSIT et CSC-TI sera triennal ce qui, là aussi, démontre un souhait d’engagement mutuel sur le long terme.

Je reste donc confiant sur l’avenir des ASTI. Ce ne sera pas toujours facile mais tout le parcours fait depuis 2002 démontre justement que les informaticiens en ASTI ont toujours su s’adapter pour mieux progresser.


lundi 5 avril 2010

Lettre des DUPI à M. Granet

Fin de la trêve pascale, et retour de l'actu. La semaine dernière, les Directeurs d'UP Informatique des ASTI ont adressé une lettre à M. Granet, dirigeant de CSC-TI :

Lettre ouverte à M Granet, Chef du Département CSCTI.

Monsieur le chef de département.

Les propos « rassurants » de la Direction de l’Entreprise sur le projet Ulysse ne nous convainquent pas. La précipitation dans la prise de décision, l’absence de concertation, la nature et la puissance du partenaire, ses pratiques dans d’autres entreprises et ses ambitions affichées, le montant et la durée de l’engagement nous font craindre une perte de maîtrise du système d’information par la SNCF et font peser une menace sur la pérennité des emplois d’informaticiens, y compris en ASTI (la DSIT fournissant plus de 80% de la charge de travail des UPI).

Dans les UPI, le projet Ulysse vient cristalliser un malaise beaucoup plus ancien dont vous ne semblez pas, jusqu’à présent, mesurer l’ampleur.

Les informaticiens régionaux, au service de l’ensemble de l’entreprise, sont épuisés des restructurations, des choix contradictoires des activités, du réseau national de transmissions de données aux performances médiocres, de la faiblesse du pilotage politique et technique du système d’information de la SNCF. Médecins des malaises des utilisateurs, entonnoirs où se déversent les contradictions variées de l’entreprise, ils nous expriment quotidiennement une lassitude aggravée par un suivi de la production, certes nécessaire, mais souvent ressenti exclusivement comme un outil de réduction des coûts.

Depuis la généralisation des ASTI en 2002, les informaticiens régionaux n’ont jamais été rassurés sur leur sort et sur celui de leur métier : très peu d’embauches d’informaticiens, pas d’examen de TAD informatique, pas de cursus d’attachés TS informatiques, une passerelle EV7/EV9 très inadaptée aux informaticiens, une non- reconnaissance des emplois d’experts techniques réseau-serveurs, la suppression des DUP dans 4 petites régions, un abandon des emplois de développeurs (repris en partie seulement par la DSIT), une mésentente entre la DSIT, notre pilote métier et CSCTI notre hiérarchique, l’absence de politique de gestion prévisionnelle des emplois informatiques.

Convaincus de la convergence technique entre informatique et télécoms, ils ont attendu en vain la moindre proposition mobilisatrice de la direction qui permettrait dans le respect mutuel de rapprocher et de faire évoluer nos deux métiers. Pire, la maladresse d’un de vos prédécesseurs a réussi l’exploit d’unir les deux métiers dans un refus total de toute évolution de la répartition des tâches. Vos propres réflexions sur des unités mixtes télécom- informatique, dans votre projet ESTI, suscitent l’inquiétude. Seuls le dialogue avec les agents et des négociations sur les métiers avec les organisations syndicales pourraient emporter l’adhésion.

Le découragement de nos agents est tel, que certains, abandonnent ou envisagent d’abandonner le métier qu’ils aiment, pour chercher ailleurs une reconnaissance.

En participant à la « journée sans informaticiens » du jeudi 1 avril 2010, nous sommes convaincus qu’ils exprimeront d’abord leur attachement à leur métier et à l’entreprise.

Vous comprendrez que nous-mêmes, chefs d’UPI et responsables informatiques en ASTI, assumant nos responsabilités de dirigeants, nous faisons le choix d’être solidaires et partie-prenante de cette journée.

Restant à votre disposition pour un échange plus approfondi si vous le souhaitez, veuillez agréer, M le Chef de Département, nos sincères salutations.

Et si vous vous penchez sur les chiffres de la grève du 1er avril, vous constaterez qu'un certain nombre de ces Directeurs ont effectivement soutenu le mouvement.

Nous attendons maintenant la réponse de M. Granet...