Cortis - La délocalisation de l'informatique de SNCF par IBM

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Tag - Courrier aux élus

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mardi 12 juillet 2011

CGT et SUD adressent un nouveau courrier aux élus

La CGT et SUD viennent d'envoyer un nouveau courrier aux parlementaires pour les alerter sur les risques d'Ulysse.

Un premier courrier avait déjà été envoyé l'an dernier.

Depuis, de nouveaux éléments (démentis à l'époque par la direction, qui se sont finalement avérés vrais) ont permis de rédiger une lettre plus factuelle qui dénonce l'offshore, les risques pour le personnel (précarité à terme et risque psycho-sociaux) et la perte de la maîtrise du SI (et les risques sur la sécurité et la production qui en découlent) :

Avec ULYSSE, la SNCF engage la pérennité de son système d’information sans avoir analysé ni la qualité du service rendu, ni le coût global et les conséquences sociales de sa décision.

Retrouvez le texte intégral du courrier ci-dessous.

mercredi 6 juillet 2011

Ulysse et Pépy en pleine tempête médiatique

Alors que rien ne le laissait présager (la grève de jeudi dernier étant passé totalement inaperçue auprès des médias), de nombreux articles sont parus hier suite à un article publié par Les Echos.
Ces articles reviennent tous sur les déboires du projet Ulysse, qui pourrait être remis en cause lors du prochain Conseil d'Administration de la SNCF fin juillet :

Guillaume Pépy sur France Inter

Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, il a fallu que ça tombe le jour où Guillaume Pépy était l'invité dans l'émission 7/9 de Patrick Cohen sur France Inter. Évidemment la question d'Ulysse a été abordée. Guillaume Pépy répond tout simplement, qu'il s'agit de débattre pour réduire le coût de la sous-traitance informatique, sans toucher aux emplois des informaticiens cheminots.
Étonnamment, Mr Cohen ne semble pas s'indigner (ou au moins s'interroger) sur le fait qu'une entreprise publique délocalise sa sous-traitance à l'étranger... Mais il cite tout de même l'article des Echos, ce qui a sans doute provoqué l'effet boule de neige...

Le contenu du nouveau contrat

Lors du Conseil d'Administration de la SNCF du 30 juin, les représentants du personnel ont tenu à lire une déclaration pour insister sur leur opposition à ce projet.

Pour autant, à en croire Le Mag IT, le projet serait loin d'être abandonné.
Au contraire même, puisque le "re-solutioning" porterait le contrat à une durée de 7 ans et 2 mois à compter du 1er janvier 2011. On en prendrait donc pour deux ans de plus ("Putain, deux ans !").
Le volume d’affaires serait finalement d'un milliard d'euros (contre 1,7 Md€ initialement), et les économies pour la SNCF ne seraient plus que de 12% au lieu des 17%.
Quand on se rappelle dans quelles conditions le premier contrat a été monté, personne ne s'étonne de cette nouvelle version, qui semble (malheureusement) plus réaliste.

Mettre fin au conflit social ?

Alors que la Direction n'a toujours pas communiqué de chiffre officiel sur la grève du 30 juin (on en déduit donc qu'ils sont loin de jouer en sa faveur), la voici dans une position très inconfortable où elle doit choisir entre conserver son "partenaire" pour espérer réaliser des économies (mais rien ne dit qu'elles seront au rendez-vous, surtout avec un partenaire comme IBM) ou mettre fin à un conflit social latent.

Et il ne faut pas se fier aux apparences, les économies ne sont peut-être pas là où on pense les trouver.
Le coût d'un conflit social qui s'enlise et la perte de confiance du personnel qui s'ensuit peuvent avoir des effets désastreux à terme (et nous n'osons pas parler ici des effets humains ou des troubles psychologiques et de leurs conséquences que cela peut avoir...).

Mise à jour à 17h30

Le Mag IT vient de publier deux nouveaux articles sur le dossier, dont l'un qui relaie le courrier de Christian Mahieux à Guilaumé Pépy qui dénonce des irrégularités dans les commandes de produits IBM.

L'autre article révèle (ce n'est pas une surprise pour certains d'entre nous qui vivons l'évolution du dossier au quasi-quotidien) que la SNCF cherche à renégocier le contrat depuis un an.
Le journaliste révèle également l'intention des syndicats d'envoyer un nouveau courrier aux élus politiques (dont la rédaction est en cours de finalisation NDLR) ainsi que leur intention de demander la création d’une commission d’enquête parlementaire.

jeudi 10 juin 2010

Des raisons d'espérer

De nombreuses informations nous sont parvenues des syndicats mais aussi de la Direction ces derniers jours

Un contrat en demi-teinte

Cela se murmurait dans les couloirs depuis un moment, et cela semble se confirmer : Aux dernières nouvelles, le business plan initialement prévu avec IBM a du plomb dans l'aile. Les engagements de volume sont loin d'être tenus (forcément, un projet signé au niveau du top management était forcément loin de la réalité). Il va donc être révisé en tenant compte de la réalité et en associant toutes les DSI.

Au niveau du contrat logiciel, c'est la débandade également : seulement 30% du montant du contrat est utilisé. Et encore dans ces 30%, il y a certains produits qui sont finalement abandonnés en cours de route par les projets (comme QuickR pour ne pas le nommer)...

Enquête CSA

Nous attendons une communication officielle de Gilles Albertus sur le sujet, mais les premiers résultats ont commencé à filtrer auprès des Chefs de Division notamment (n'hésitez pas à leur demander), et c'est franchement pas beau à voir :
  • Satisfaction de travailler pour DSIT : Très (14%), Assez (47%), Peu (30%), Pas du tout (9%)
  • Etat d'esprit : Motivé (11%), Confiant (5%), Attentiste (11%), Inquiet (50%), Sceptique (20%) 
  • Conclusion : les résultats sont à rapprocher de ceux de l'enquête interne pour ce qui est de la satisfaction de DSIT.
Les résultats concernant les Centres de Service et la co-entreprise sont très mauvais et montrent un rejet massif du projet :
  • Opiçnion sur la mise en place des Centres de Services : Très bonne (1%), Bonne (25%), Mauvaise (39%), Très mauvaise (34%)
  • Et sur la co-entreprise : Très bonne (1%), Bonne (4%), Mauvaise (25%), Très mauvaise (70%)
  • Confiance dans la direction de DSIT : 35% déclarent ne plutôt pas faire confiance, et 53% (!) ne font pas du tout confiance
Pour info, il y a eu 506 réponses, ce qui est un très bon taux de participation.

En plus de ces résultats chiffrés, CSA devraient fournir des commentaires et analyses. Nous sommes impatients de les lire.
Ce que nous en retenons : Ces chiffres viennent conforter le fort taux de la grève du 1er avril, et bien que Michel Baudy nous ait quitté, il porte une grande responsabilité dans ce désastre.
Que nos dirigeants ne se félicitent pas trop vite que plus de 50% du personnel se déclare satisfait de travailler à DSIT, il y a quand même 39% qui ne le sont pas. Cela, couplé aux mauvais résultats des questions suivantes et des baromètres de l'an dernier, il apparaît clairement que la Direction a un problème RH important à régler, et une confiance à reconquérir. Tellement important même qu'il devrait être réglé avant la poursuite d'Ulysse.
Car il paraît impossible en l'état actuel pour la direction de demander aux agents d'appliquer un plan quelconque quand ils ont perdu toute adhésion...

Retours des élus politiques

Suite aux envois de courriers aux députés, sénateurs et autres élus locaux, les résultats arrivent : les syndicats ont reçu des dizaines de réponse (une liste diffusée par SUD circule actuellement par mail, la CGT recense de son côté une cinquantaine de réponses). Certains de ces élus ont interpellés des ministres (Bussereau, Borloo, Kosciusko-Morizet...) voire même directement Guilaume Pepy.
Des questions ont également été posées à l'Assemblée Nationale (recherchez "Ulysse" sur le site de l'Assemblée), nous attendons la publication des réponses.
Et la parution la semaine dernière d'un article dans l'Humanité, et la dépêche AFP qui en est ressorti, ont relancé un petit coup) la machine...
Au niveau local, à Lyon, Gérard Collomb a été informé du dossier. Comme nous craignons qu'il ne prête pas bien attention à nous, son premier adjoint a été relancé, et il est toujours possible de laisser des commentaires sur son blog.
Benoît Hamon a également rencontré une délégation CGT la semaine dernière lors d'un déplacement à Villeurbanne. Bref, le relais politique est en marche.

Conclusion

Ces différentes nouvelles du front peuvent nous faire espérer. Certes le combat est encore long, car le dégout d'IBM, ou les relais politiques mettront du temps à venir. Mais avec le retard dans la mise en place des centres de serivces, la renégociation du contrat, les problèmes RH internes, la pression politique qui va s'accentuer, il est évident que la pression est entrain de changer de camp.
Il reste encore à attendre la Table Ronde de lundi 14 juin, mais cette fois-ci, la Direction devrait être dans ses petits souliers...

lundi 26 avril 2010

Un courrier adressé aux élus parlementaires

Les syndicats ont adressé un courrier à chacun de nos élus politques parlementaires (députés et sénateurs). En voici le contenu :

Nous attirons votre attention et sollicitons votre intervention sur le projet ULYSSE actuellement mis en œuvre par la SNCF qui consiste à céder le pilotage de la production ainsi que la gestion de la sous-traitance de ses prestations informatiques à IBM pour un marché avoisinant les 1,7 milliards d’Euros sur 6 ans.

Cette décision a été prise dans la plus grande précipitation, le 11 janvier 2010, par le Conseil d’Administration de la SNCF, et a été votée par les représentants de l’état malgré l’opposition de l’ensemble des administrateurs salariés et les réserves émises par la mission de contrôle économique et financier des transports du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi.

Les instances représentatives du personnel de la SNCF, à commencer par le Comité Central d’Entreprise, n’ont jamais été valablement consultées sur les conséquences stratégiques, économiques et sociales de ce projet.

D’autre part, il semblerait que les dispositions légales relatives à la passation des marchés publics n’aient pas été respectées dans ce dossier.

La Direction de l’entreprise publique n’entend pas moins livrer les clés du Système d’Information, de la technologie et du savoir-faire de la SNCF à une multinationale qui ambitionnerait de devenir un acteur majeur de l’informatique ferroviaire.

Au-delà de nos craintes sur les conséquences néfastes de cette cession pour les informaticien-ne-s cheminot-e-s, pour le service public ferroviaire et l’avenir de la SNCF nous vous alertons sur le sort qui est d’abord promis aux prestataires actuels de la SNCF, les salarié-e-s des Sociétés de Services Informatiques (SSII) qui seront mis sur la touche dès le 1eravril 2010 notamment sur les bassins d’emplois de Lille, Lyon, Nantes et Paris.

En effet, les objectifs d’économies de 17 % sur 6 ans annoncés pour la SNCF, auxquels il faut ajouter les bénéfices escomptés par IBM, impliquent une délocalisation massive de centaines d’emplois d’informaticiens vers des Centres de Services «Offshore» (Inde, Europe de l’Est,...) à l’instar de ce que la multinationale a fait avec BNP-Paribas ou CMA CGM avec des résultats catastrophiques.

Le secteur Informatique en France a été durement touché par la crise ; le chômage des informaticiens a fortement progressé dans le pays en 2009 et cette situation est aggravée par une politique de délocalisation des emplois informatiques qui se généralise et s’amplifie depuis plusieurs années. Certaines des toutes premières SSII françaises compteraient dorénavant plus de salariés en dehors de nos frontières, principalement dans certains pays émergents comme l’Inde.

Il est intolérable qu’une entreprise publique comme la SNCF contribue par la mise en œuvre de ce projet à l’aggravation du chômage dans le pays et à une perte de compétences technologiques et stratégiques liées au système d’information public ferroviaire.

Dans le cadre d’une Demande de Concertation Immédiate déposée le 1er mars 2010, nos fédérations syndicales ont alerté et mis en garde, en vain, la direction de l’entreprise. Lors des journées de grève du 3 février et la « Journée sans Informaticiens » du 1er avril 2010 à la SNCF, les informaticiens se sont fortement mobilisés pour témoigner de leur inquiétude et de leur mécontentement avec de très forts taux de grévistes.

Nous portons aujourd’hui auprès de vous les revendications suivantes auxquelles nous vous laissons le soin de donner toutes suites que vous jugerez utiles.

Nous demandons :

  • L’abandon d’ULYSSE et de tous les projets d’externalisation.

  • La ré-internalisation des missions dans tous les domaines et la garantie de leur pérennité.

  • Le contrôle du système d’information exercé pleinement par l’EPIC SNCF pour assurer la pérennité de l’entreprise intégrée, de ses missions de service public et le maintien de l’emploi sur le territoire national.

  • La maîtrise d’oeuvre SNCF réalisée avec un faible volume de sous-traitance garantissant la confidentialité des données, la connaissance métier et la maîtrise des systèmes.

  • Une véritable politique de l’emploi informatique en interne à la SNCF, appuyée par des embauches au statut et l’organisation d’un examen sur l’ensemble des régions et directions.

  • Des engagements pour l’avenir de la filière informatique dans les Directions des Systèmes d’Information, dans les Agences de Service Télécoms et Informatiques et de tous les agents qui travaillent pour le système d’information de la SNCF.

  • Une politique d’achats efficiente pour toutes les prestations (matériels, logiciels, choix des SSII) garantissant notre indépendance des constructeurs et éditeurs.

  • Le respect des droits syndicaux élémentaires et des Instances Représentatives du Personnel.

Nous pensons que chaque élu-e doit faire entendre sa voix et peser sur ce sujet d'une importance nationale en terme de défense de notre savoir-faire technologique et de préservation du service public informatique ferroviaire.

Les conséquences néfastes en terme d’emplois vont d’autre part lourdement peser dans certaines régions.

Nos représentant-e-s sont à votre entière disposition pour vous apporter les éléments d'appréciations que vous jugeriez utile à votre engagement sur cette question et nous ne manquerons pas de faire connaître votre position sur ce dossier.

Veuillez recevoir, Madame-Monsieur la-le députée-é, nos meilleures salutations syndicales.