Alors que rien ne le laissait présager (la grève de jeudi dernier étant
passé totalement inaperçue auprès des médias), de nombreux articles sont parus
hier suite à
un article publié par Les Echos.
Ces articles reviennent tous sur les déboires du projet
Ulysse, qui pourrait être remis en cause lors du prochain Conseil
d'Administration de la SNCF fin juillet :
- Les Echos : Le partenariat informatique géant entre la SNCF et IBM bat de l'aile
- Le Figaro : Informatique : le partenariat SNCF-IBM prend l'eau
- Usine Nouvelle : La SNCF en froid avec IBM
- Challenges : Le contrat entre la SNCF et IBM pourrait être rompu
- Le Monde Informatique : Ulysse, la co-entreprise SNCF/IBM, déraille
- L'informaticien : Ulysse, l'accord géant IBM-SNCF, prend l'eau
Guillaume Pépy sur France Inter
Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, il a fallu que ça tombe
le jour où Guillaume Pépy était l'invité dans l'émission 7/9 de Patrick Cohen
sur France Inter. Évidemment la
question d'Ulysse a été abordée. Guillaume Pépy répond tout
simplement, qu'il s'agit de débattre pour réduire le coût de la sous-traitance
informatique, sans toucher aux emplois des informaticiens
cheminots.
Étonnamment, Mr Cohen ne semble pas s'indigner (ou au
moins s'interroger) sur le fait qu'une entreprise publique délocalise sa
sous-traitance à l'étranger... Mais il cite tout de même l'article des Echos,
ce qui a sans doute provoqué l'effet boule de neige...
Le contenu du nouveau contrat
Lors du Conseil d'Administration de la SNCF du 30 juin, les représentants du personnel ont tenu à lire une déclaration pour insister sur leur opposition à ce projet.
Pour autant, à en croire
Le Mag IT, le projet serait loin d'être abandonné.
Au contraire même, puisque le "re-solutioning" porterait le contrat à
une durée de 7 ans et 2 mois à compter du 1er janvier 2011. On
en prendrait donc pour deux ans de plus ("Putain, deux ans !").
Le volume d’affaires serait finalement d'un milliard d'euros
(contre 1,7 Md€ initialement), et les économies pour la SNCF ne seraient plus
que de 12% au lieu des 17%.
Quand on se rappelle dans quelles conditions le premier contrat a été monté,
personne ne s'étonne de cette nouvelle version, qui semble (malheureusement)
plus réaliste.
Mettre fin au conflit social ?
Alors que la Direction n'a toujours pas communiqué de chiffre officiel sur la grève du 30 juin (on en déduit donc qu'ils sont loin de jouer en sa faveur), la voici dans une position très inconfortable où elle doit choisir entre conserver son "partenaire" pour espérer réaliser des économies (mais rien ne dit qu'elles seront au rendez-vous, surtout avec un partenaire comme IBM) ou mettre fin à un conflit social latent.
Et il ne faut pas se fier aux apparences, les économies ne sont peut-être
pas là où on pense les trouver.
Le coût d'un conflit social qui s'enlise et la perte
de confiance du personnel qui s'ensuit peuvent avoir des
effets désastreux à terme (et nous n'osons pas parler ici des
effets humains ou des troubles psychologiques et de leurs conséquences que cela
peut avoir...).
Mise à jour à 17h30
Le Mag IT vient de publier deux nouveaux articles sur le dossier, dont l'un qui relaie le courrier de Christian Mahieux à Guilaumé Pépy qui dénonce des irrégularités dans les commandes de produits IBM.
L'autre article révèle (ce n'est pas une surprise pour certains d'entre nous
qui vivons l'évolution du dossier au quasi-quotidien) que
la SNCF cherche à renégocier le contrat depuis un an.
Le journaliste révèle également l'intention des syndicats d'envoyer un
nouveau courrier aux élus politiques (dont la rédaction est en cours
de finalisation NDLR) ainsi que leur intention de demander la création
d’une commission d’enquête parlementaire.