Cortis - La délocalisation de l'informatique de SNCF par IBM

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Tag - Journée sans informaticien

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mardi 6 avril 2010

VINSI en résistance

De nombreuses informations nous sont parvenues de VINSI ces derniers jours. Petit tour d'horizon d'une autre DSI en résistance à ULYSSE.

Une grève fortement suivie

Les chiffres officiels de la Journée sans informaticien sont tombés :

  • VINSI SI Nantes : 72%
  • VINSI SI Lille : 64%
Excellent score !!!

Un blog pour lutter

Et oui, nos petits copains de VINSI viennent de se doter d'un blog, pour aider leur communication. Souhaitons leur le même succès que notre blog (plus de 2000 visites/jour en fin de semaine dernière !).

Attention, peinture fraîche : Telegonos, contre le projet Ulysse, VINSI SI Nantes en lutte

Note à l'attention des webmasters : contactez-nous pour que nous vous donnions nos conseils pour optimiser tout ça (il faut se connecter pour poster un commentaire, pas d'adresse mail de contact...)

SNCF-B5 s'incruste à Nantes

Vendredi 2 avril, des personnes d'IBM détachées pour SNCF-B5 ont été vus dans le cadre d’une réunion sur les évolutions de l’informatique locale.

jeudi 1 avril 2010

Succès sans précédent de la journée sans informaticien

Aujourd'hui, les informaticiens cheminots ont envoyé un message clair à la Direction : Ils rejettent massivement le projet ULYSSE.

Très forte mobilisation

Les chiffres officiels paraîtront demain, mais voici un premier état des lieux rapides pour les différentes DSI :

  • DSIT : > 80% de grévistes
  • VINSI : > 70%
  • ISI : ~65%
Les régions se sont également mobilisées très fortement (bravo à eux aussi) :
  • 100% pour Paris Rive Gauche, Normandie, Limousin, Midi Pyrénées, Alpes, Languedoc-Roussillon
  • > 90% pour Pays de Loire (100% des cadres), Aquitaine (100% des cadres), Centre (100% des cadres), Bourgogne Franche-Comté (100% des cadres), PACA (100% des maîtrises)
  • > 80% pour Champagne Ardenne (100% des maîtrises), Alsace (100% des cadres), Bretagne (100% des maîtrises), Rhône Alpes
Ce sont des résultats sans appel que la Direction devra prendre en compte. Nous attendons avec impatience une communication de sa part demain...

Les managers également concernés

Au global on note un taux de participation record de 60% des cadres !

Félicitons les Chefs de Division qui ont accepté de faire grève aujourd'hui. Même 59 minutes c'est déjà un grand pas pour eux.
Et remercions également les quelques prestataires qui se seront joints au mouvement.

Dans la presse


Enfin, cette journée d'action aura permis de porter plus haut notre combat. Dans la presse notamment avec les articles suivants :
Du côté de Nantes :

Des contacts avec les élus

Et puis, cela nous a également permis de nouer des contacts avec des élus politiques qui occupent une place importante sur la scène publique. Les rendez-vous sont pris. Nous pouvons ainsi espérer voir s'ouvrir le débat sur la délocalisation d'emplois par une société publique.

Quelques photos

Pour égayer cet article, n'hésitez pas à poster vos témoignages dans les commentaires et à nous envoyer vos photos.

Nous avons déjà réçu une photo de La Mulatière ce matin à 9h20 :


Mais à l'aube, les CRS étaient bien sûr présents :


Ils ont rapidement évacué les lieux quand ils ont vu qu'il n'y aurait aucun risque. A trop crier au loup, la Direction va perdre sa crédibilité aussi auprès des forces de l'ordre...

Et devant l'entrée du parking du Lugdunum (l'autre entrée ayant été barricadée, cf. la photo en tête d'article) :

A midi, un barbecue a été organisé devant le bâtiment. Remercions au passage les collègues des ateliers d'Oullins pour la fourniture du barbecue (et leur soutien !)


Devant le Premium dans la matinée :


Et à Nantes :



Mobilisation nantaise par un froid sec (2°C au petit matin).
72 % de grévistes, quelques prestataires.
Activité au ralenti toute la journée.
Mouvement bien suivi. Le ton est donné !



Et à Lille :

C'est aujourd'hui ou jamais !

Que vous soyez simple exécutant SNCF, prestataire, ou cadre dirigeant dans cette entreprise, c'est aujourd'hui que se décide l'avenir de l'informatique de la SNCF.

Que chacun prenne ses responsabilités et que les chefs qui ne font pas grève acceptent d'endosser la responsabilité du naufrage à venir (et qu'ils ne se défilent pas cette fois-ci). Car nous saurons nous rappeler de leur choix aujourd'hui...

samedi 27 mars 2010

Les raisons de la colère

Note préliminaire : cet article a été publié ce week-end, mais nous le remettons en avant aujourd'hui pour expliquer notre mouvement.

Le grand public s'interroge sur notre mouvement. Pour eux, il est normal que la SNCF fasse appel à une société externe car l'étiquette "fonctionnaire" ou "fainéant" qui colle (à tort) aux agents SNCF laisse penser que nous ne savons pas gérer notre informatique.

Pourtant... Si les cheminots seront en grève le 1er avril, c'est parce qu'ils craignent avant tout pour la sécurité et la pérennité de l'informatique de la SNCF.
Bien sûr, avant de lancer ce mouvement, nous avons tenté par tous les moyens d'alerter notre Direction (et le gouvernement, dont le Ministre des Transports) sur les dangers du projet. Jusqu'ici, sans succès. C'est pourquoi, il nous reste le recours à cette grève, pour médiatiser le débat, et l'amener sur la scène publique.
Précisons enfin que traditionnellement les services informatiques ne font pas grève (moins de 5% des effectifs en moyenne), cette journée-ci est donc exceptionnelle, et reflète un réel malaise dans les équipes. Et que cette grève ne devrait pas avoir d'effet néfaste pour le grand public (aucune perturbation de la circulation des trains ou de la vente de billets par exemple).

La délocalisation d'emplois qualifiés

En préambule, nous rappelons que la SNCF est une entreprise publique dont l'état est actionnaire à 100%. L'état est représenté par le Président de la République, qui a tenu un discours fort contre la délocalisation (c'était lors des Etats Généraux de l'Industrie, le 4 mars dernier). Pour autant, quand il s'agit de notre cas, l'état semble être moins regardant...

La SNCF souhaite confier le développement des applications et l'exploitation des serveurs à des sociétés tierces (on parle alors de Centres de Services) pour réduire les coûts. Cela pose déjà des problèmes sur la perte de la connaissance fonctionnelle, mais passons. Le plus grave dans cette histoire, c'est que, sous la pression des coûts, ces Centres de Services vont se retrouver à l'étranger (Inde, Maroc, Roumanie) et provoquer la suppression de plusieurs centaines d'emplois qualifiés en France (précisons au passage qu'il ne s'agit pas des emplois des cheminots dans un premier temps, mais de prestataires informatiques. Et les cheminots se battent pour préserver ces emplois également).

Certes, l'externalisation de l'informatique est une tendance actuelle forte, et de nombreuses entreprises le font. Sauf que, pour la SNCF, il y a un problème éthique : une entreprise publique, financée par des collectivités locales (notamment les régions) ne doit pas participer à la délocalisation d'emplois, même sous prétexte de faire des économies, qui de toutes façons ne seront pas répercutées sur le prix du billet.
En réalité, elle l'a déjà fait avec la facturation du Fret au Maroc en 2008, et l'histoire semble vouloir se répéter en 2010 avec l'informatique... D'où notre combat.

Comprendre le mode opératoire d'IBM

Mais, IBM n'a pas noué un partenariat avec la SNCF pour améliorer quoi que ce soit. Ils sont là uniquement pour gagner de l'argent, et récupérer notre savoir-faire (car IBM a des ambitions au niveau ferroviaire international).

Leur myriade de logiciels  tous interdépendants est étudiée pour ça : Lorsqu'un projet démarre, le client pense qu'il n'a besoin que de quelques produits. Diling-Diling, premier passage à la caisse (et quand on connaît les prix des produits IBM, ça fait déjà mal). Quelques mois plus tard, cela ne fonctionne pas, et IBM de rétorquer "Normal, il vous faut aussi prendre ces produits", re-Diling-Diling (toujours aussi mal). Mais pour autant, deux mois plus tard cela ne marche pas, car "il vous faut aussi ceux-là", re-re-Diling-Diling (re-aïe-aïe-aïe). Les retours d'expérience d'autres sociétés telle que CMA-CGM montre à quel point IBM n'est là que pour vendre et non conseiller les projets.

Et les premiers projets qui ont démarré à DSIT peuvent également l'attester. Et cela s'est confirmé lors de la réalisation de prototypes avec eux : il y a eu des non-dits, notamment autour de l'utilisation de certains logiciels.
Finalement, nous ne sommes pas loin de l'affaire de la MAIF : IBM est prêt à tout (même faire des propositions commerciales qu'il sait erronnées) pour rafler le marché et empocher des millions.

IBM et la SNCF

Jusqu'ici, voici comment IBM a procédé avec la DSIT (Direction informatique de la SNCF) :
  • Tirer les prix des Centres de Services vers le (très) bas, pour évincer les concurrents : Moins de 230€/ jour, contre 500€ en moyenne pour des prestations réalisées en France.
  • Récupérer la documentation et le savoir-faire, sous prétexte de pouvoir nous apporter des améliorations dans notre organisation (lors de réunion, mais aussi lors de séances de photocopiage illégales)
  • Mettre la pression sur les projets, lors des interventions des consultants, en imposant des choix logiciels coûteux, et qui ne fonctionnent pas toujours.
Peut-être que notre Direction ne voit pas (ou plutôt ne veut pas voir) cette partie immergée de l'iceberg, mais notre action vise justement à la dénoncer et éviter le pire pour la SNCF.

Tenir compte des échecs passés

La Direction de la SNCF a la mémoire courte (normal, avec la valse des dirigeants nous direz-vous). Pourtant quand on parle du projet SOCRATE, tout le monde se souvient des débuts difficiles. Par contre, il faudait aussi se souvenir que c'était une solution proposée par une société américaine et qu'elle était censée amener un produit merveilleux. Le résultat on le connaît : Ce sont les cheminots de l'époque qui ont repris les choses en main pour finir correctement le travail !

L'autre expérience de filiale informatique, c'est bien sûr Voyages-Sncf.com. Une pure merveille d'ergonomie et de technologie qui ne rate jamais une occasion de se faire taper dessus (par la presse ou les internautes) tant la navigation est peu aisée, la commande de billets fastidieuse, sans parler de la sécurité...

Bref, c'est à la mode de cracher sur le public, mais les expériences passées avec le privé ne permettent pas non plus de penser que le partenariat avec IBM sera réellement bénéfique pour la SNCF. Au contraire, nous prenons le pari que dans trois ans, la SNCF cherchera à faire marche arrière, mais ce sera trop tard, l'entreprise sera pieds et poings liés avec les logiciels IBM...

vendredi 26 mars 2010

Conférence de presse de Didier Le Reste

Décidément, on ne pourra pas dire cette semaine que les syndicats seront restés les bras croisés : Après un début de semaine agité, voici qu'à 11h, Didier Le Reste, secrétaire de la fédération CGT des cheminots, a tenu une conférence de presse pour alerter les médias sur le projet ULYSSE.

Parmi les nombreux journalistes présents, nous pouvons citer Europe1, RTL, NVO, Libération, La vie du rail, FranceInfo, La Tribune, l'Humanité...L'AFP prévoir de rappeler à 17h00 pour un complément d'infos...
La diffusion devrait donc être massive durant le week-end, nous verrons alors ce que la Direction a prévu pour contrer...

C'était la "surprise" du jour annoncée hier.
Rien de plus fracassant que les autres jours, mais nous ne voulions pas que la Direction lui envoie les CRS, on n'est jamais trop prudent ^^

Nous n'avons pas plus d'infos pour l'instant, mais ce billet va sans doute s'allonger progressivement d'une longue liste de liens vers les reportages des journalistes. N'hésiter pas à nous envoyer par mail ceux que vous croiseriez (web, radio, télé...)

jeudi 25 mars 2010

Demain, une nouvelle surprise pour la Direction

Si aujourd'hui a amené un peu de répit à notre Direction, malmenée quotidiennement depuis le début de la semaine, nous pouvons l'assurer que demain apportera son nouveau lot de surprises.

Seulement, cette fois-ci, vu sa réaction un peu disproportionnée sur nos dernières actions (et notamment la présence des CRS à Lyon Perrache), et comme nous savons que ce sont les premiers à venir consulter ce blog, nous ne dirons rien de plus.
Rions un peu : A nous de jouer les non-communiquants. Les personnes qui y participeront sont déjà informées et sur les rangs. Inutile par conséquent d'en dire plus... Nous souhaitons simplement à nos dirigeants... une bonne nuit ^^

Journée sans informaticien le 1er avril

Bon et si nous parlions un peu de la suite du mouvement ? Les OS se sont réunies hier et ont enfin fixé la date de la prochaine journée d'action. Ce sera un mouvement de grève de toute l'informatique jeudi prochain.

Pour plus de lisibilité, une page spéciale a été créée : Journée sans informaticien le 1er avril à la SNCF.