Cortis - La délocalisation de l'informatique de SNCF par IBM

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Tag - MCEFT

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vendredi 4 juin 2010

La MCEFT refait surface

Etrangement, le rapport de la MCEFT refait surface aujourd'hui à travers un article paru dans L'Humanité. L'info a ensuite été reprise par une dépêche AFP.
(Hep ! Messieurs les journalistes, pour suivre le dossier, lisez plutôt Cortis ! ^^)

Nous n'apprenons rien de nouveau dans l'affaire. Simplement, cela permet de faire remonter un dossier que la Direction souhaiterait voir enterrer une bonne fois pour toute. Dommage pour eux.

Admirez au passage leur réponse adressée à l'AFP : la co-entreprise ne consiste pas en une "externalisation de l'informatique" mais en une "rationalisation de la sous-traitance" de cette activité.
Ils jouent clairement sur les mots et servent le même discours qu'ils ont déjà utilisé (mais sans succès) en interne ("la performance de la sous-traitance").

lundi 1 mars 2010

Retour sur la Mission de Contrôle Economique et Financier des Transports

Nous vous en parlions la semaine dernière, nous nous sommes procuré le rapport de l'Inspecteur Général des Finances, Chef de la  Mission de Contrôle Economique et Financier des Transports (MCEFT). Nous avons décidé d'y revenir plus en détails aujourd'hui, car cela apporte quelques éclairages supplémentaires sur le montage.

Le montage

Un certain nombre d'informations sont déjà connues, nous ne revenons que sur les points importants (avec nos remarques).

Il est notamment question "d'un accord de partenariat (JV) avec IBM pour gérer 75% des prestations informatiques sous-traitées qui s'élèvent à près de 500 M€".
D'où sort ce chiffre, bien inférieur à tous ceux entendus par la suite ??

"L'engagement pris pour assurer les économies est d'environ 57% des volumes actuels de sous-traitance."

"En cas de sous performance, la baisse des profits de la JV par rapport à ceux prévus dans le plan d'affaires voire les pertes générées seront prises en charge par IBM respectivement à 90% et 95%"
Certes, IBM semble vouloir prendre le risque à sa charge, mais en réalité, nous savons bien qu'ils vont nous coller une pression d'enfer pour que les chiffres annoncées soient atteints.

"A l'inverse toute surperformance de la JV sera partagée entre les parties à hauteur de 55% pour la SNCF et 45% pour IBM".
L'enjeu d'IBM n'est pas là, nous le savons bien.

Les réserves de l'Inspecteur

L'Inspecteur s'interroge notamment sur "la mise en oeuvre effective de ce dispositif tant il paraît complexe."
"La multiplicité des acteurs et des structures (directions et filiales de la SNCF, SNCF Participations, Stelsia, JV, IBM, soustraitants, comités de suivi...) ainsi que les modalités de gouvernance croisée risquent de faire en sorte que l'équilibre du système ne soit jamais atteint"
Comme quoi, il n'y pas qu'à nous que ce montage paraît complexe !

"Le plan d'affaires recèle quelques éléments d'incertitude. Outre le fait que le chiffre d'affaires est en baisse sur les six années du partenariat, les gains de productivité annuels à obtenir sont importants, entre 2% et 5% pour la production et de l'ordre de 10% en moyenne pour les études".

"De plus, le taux de marge d'IBM, bien que déjà considérablement réduit au coure de la négociation, apparaît encore élevé par rapport aux standards de la profession".
Et oui, mais c'est ainsi que Big Blue y trouvera son compte : en nous sur-facturant une exploitation transférée en Inde et en nous liant avec leurs nombreux produits aux coûts de licence monstrueux.

"IBM va acquérir une place privilégiée comme prestataire du groupe SNCF, aussi, il y a lieu de prévoir la réversibilité des contrats en cas de cessation du partenariat".
Là, malheureusement, nous ne sommes pas sûrs que ce sera le cas, et c'est une garantie qu'il faudra demander à notre Direction.

A cela s'ajoute une réserve de taille de notre part : Il semblerait que le rapport qui ait été confié à l'Inspecteur (tout comme la note pour le CA d'ailleurs) ne faisait pas mention de l'offshore. Or c'est un point très important qu'il aurait fallu porter à la connaissance de nos chers gouvernants. Nous estimons donc que le rapport a été volontairement tronqué d'une partie importante du projet pour s'assurer d'un passage plus facile. Alors que des centaines d'emploi en France sont menacés !

jeudi 25 février 2010

Un montage qui déroge à la loi des marchés publics

Nous avons pu nous procurer le rapport que l'Inspecteur Général des Finances Chef  de la Mission de contrôle économique et financier des transports (MCEFT pour faire plus court) a adressé au Directeur Stratégie et Finances de la SNCF (que nous ne nommerons pas, sinon, il va encore prendre la mouche ^^) daté du 7 janvier 2010 et dans lequel l'Inspecteur donne son avis suite à une lettre qui lui aurait été adressée concernant la "nouvelle gestion des prestations informatiques sous-traitées du groupe SNCF".

On y note plusieurs choses intéressantes sur lesquelles nous reviendrons plus tard, mais ce qui a retenur notre attention, c'est la note suivante :

e) Il aurait été souhaitable de disposer d'une analyse juridique plus approfondie permettant d'avoir l'assurance que le projet que vous proposez est bien, au-delà d'un respect formel, en cohérence avec la législation qui régit les marchés publics de fournitures et de prestations intellectuelles".

Or, Michel Baudy nous l'a seriné de nombreuses fois, ce montage permettra également à la SNCF de déroger à la loi des marchés publics, puisque ce sera la filiale Stelsia qui pourra se charger des achats.

Reste que cela ne devrait concerner que l'achat de prestations de Centres de Services, et non l'achat de logiciels, mais le doute est permis.