Nous vous en parlions la semaine dernière, nous nous sommes procuré le
rapport de l'Inspecteur Général des Finances, Chef de la Mission de
Contrôle Economique et Financier des Transports (MCEFT). Nous avons décidé d'y
revenir plus en détails aujourd'hui, car cela apporte quelques éclairages
supplémentaires sur le montage.
Le montage
Un certain nombre d'informations sont déjà connues, nous ne revenons que sur
les points importants (avec nos remarques).
Il est notamment question "d'un accord de partenariat (JV) avec IBM pour
gérer 75% des prestations informatiques sous-traitées
qui s'élèvent à près de 500 M€".
D'où sort ce chiffre, bien inférieur à tous ceux entendus par la suite ??
"L'engagement pris pour assurer les économies est d'environ
57% des volumes actuels de
sous-traitance."
"En cas de sous performance, la baisse des profits de la JV par rapport à
ceux prévus dans le plan d'affaires voire les pertes générées
seront prises en charge par IBM respectivement à 90% et
95%"
Certes, IBM semble vouloir prendre le risque à sa charge, mais en réalité, nous
savons bien qu'ils vont nous coller une pression d'enfer pour que les chiffres
annoncées soient atteints.
"A l'inverse toute surperformance de la JV sera
partagée entre les parties à hauteur de 55%
pour la SNCF et 45% pour IBM".
L'enjeu d'IBM n'est pas là, nous le savons bien.
Les réserves de l'Inspecteur
L'Inspecteur s'interroge notamment sur
"la mise en oeuvre effective de ce
dispositif tant il paraît complexe."
"La multiplicité des acteurs et des
structures (directions et filiales de la SNCF, SNCF
Participations, Stelsia, JV, IBM, soustraitants, comités de suivi...) ainsi que
les modalités de gouvernance croisée risquent de faire en sorte que
l'équilibre du système ne soit jamais
atteint"
Comme quoi, il n'y pas qu'à nous que ce montage paraît complexe !
"
Le plan d'affaires recèle quelques éléments d'incertitude.
Outre le fait que le chiffre d'affaires est en baisse sur les six années du
partenariat,
les gains de productivité annuels à obtenir sont
importants, entre 2% et 5% pour la production et de l'ordre de 10% en
moyenne pour les études".
"De plus, le taux de marge d'IBM, bien
que déjà considérablement réduit au coure de la négociation,
apparaît encore élevé par rapport aux standards
de la profession".
Et oui, mais c'est ainsi que Big Blue y trouvera son compte : en nous
sur-facturant une exploitation transférée en Inde et en nous liant avec leurs
nombreux produits aux coûts de licence monstrueux.
"IBM va acquérir une place privilégiée comme prestataire du groupe SNCF,
aussi, il y a lieu de prévoir la réversibilité des contrats en cas de cessation
du partenariat".
Là, malheureusement, nous ne sommes pas sûrs que ce sera le cas, et c'est une
garantie qu'il faudra demander à notre Direction.
A cela s'ajoute une réserve de taille de notre part : Il semblerait que
le rapport qui ait été confié à l'Inspecteur (tout comme la
note pour le CA d'ailleurs)
ne faisait pas mention de
l'offshore. Or c'est un point très important qu'il aurait fallu porter
à la connaissance de nos chers gouvernants. Nous estimons donc que
le
rapport a été volontairement tronqué d'une partie importante du projet
pour s'assurer d'un passage plus facile. Alors que
des centaines
d'emploi en France sont menacés !